‹ M. Flavien Martineau, prêtre de St. Sulpice [microforme]Chapitre 12 sur 19 · DOC À MT SN ANR FRA · texte numérisé non relu

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L'adoration nocturne, à l’organisation et à la ferveur de laquelle il contribua si puissamment, réclamait sa présence deux fois la semaine, et cela à des heures fort incommodes. Le matin, dès cinq heures, il devait être au pied du St. Sacrement, pour réciter à haute voix la prière commune. Jamais il ne maïiqua à ce rendezvous divin. Puis la prière achevée, on pouvait entendre cette voix pénétrante qui savait -: en ouvrir les âmes, s’entretenir avec Dieu dans 1e 5) pratique et le plus suave des colloques. Jamais il ue se répétait, et ses accents convaincus produisaient sur l'auditoire la plus salutaire influence.

Dès huit heures du soir le jour de garde, il était devant son confessiorn:1l à la disposition de ceux qui voulaient s'adresser à lui. A neuf heures, il chantait avec les adorzceurs le cantique à la Ste. Face, lisait avec sa piété communicative l'amende honorable, et revenait en chantant à la balustrade pour donner aux gardiens de Jésus-Hostie une de ces allocutions à l’emporte-pièce dont il avait le secret.

À cette heure tardive, le sommeil se fait souvent sentir. Néanmoins de l'avis unanime de ses auditeurs, ces instructions de M. Martineau n’endormaient Jamais.

Toujours pratique, toujours varié, toujours nouveau, il trouvait toujours aussi son auditoire attentifet recueilli,

À côté de l'adoration nocturne s’éleva bientot une œuvre sœur, l’adoration diurne, sortie elle aussi comme la précédente et plus encore qu'elle du cœur de ce prêtre de l'Eucharistie. S'il passait deux heures le soir et une heure le matin à chacune des réunions de l’adoration nocturne pour inaugurer et clore cette veille sainte, il ne quittait pas ses adoratrices tout le jour qu'elles s'étaient

choisies pour se relayer en priant devant le tabernacle. Il ouvrait l’adoration par une allocution de circonstance, et avant la séparation du soir, il avait encore un mot d'adieu, de reconnaissance et d'encouragement pour ces fidèles compagnes de Jésus.

Ce serait le lieu de parler de l’œuvre des Tabernacles qu'il contribua tant à rendre prospère, ainsi que de l'œuvre de la Ste Face qu'il rattacha à l'adoration nocturne. Le régistre des inscriptions témoigne suffisamment du succès de cette dernière association.

Mais arrivons sans plus attendre à ses œuvres de charité, Ce que le lecteur a pu voir de la nature affectueuse et du dévouement de M. Martineau ne lui permettait pas de supposer qu’un pareil cœur fut fermé aux pauvres et aux malheureux, Mais la charité de ce bon prêtre ressortira mieux encore des détails qui vont suivre,

L'Orphelinat catholique et l’Institution des Jeunes ‘Aveugles de Nazareth, deux œuvres touchantes et utiles entre toutes, furent les principaux théâtres de son grand zèle et de son ardent amour pour les déshérités de ce monde.

Il sut intéresser à ses chers orphelins des dames patronnesses nombreuses et dévouées, et les enfants euxmêmes lui prêtèrent leur concours.

Qui n'aurait été ému en le voyant au milieu de ces amis du divin Maître, se faisant petit avec eux, et les égayant de mille manières, afin de leur faire oublier autant qu'il était possible ce que leur situation avait d’humiliant et de pénible ?

Pour eux, il composait des récits et des chants; pour eux, il organisait des fêtes et des pique-niques. Directeur de la maison de Nazareth comme de celle des

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Orphelins, il seconda puissamment son généreux fondateur auquel Montréal doit tant d'œuvres de bienfaisance et d'utilité publique, Le soin qu'il y donnait était de nature à faire croire que c'était vraiment son œuvre.

S'agissait-il de préparer ces soirées de charité qui aidaient si puissamment au fonctionnement de l'institution naissante, on avait recours à lui. Fallait-il une conférence ? Désirait-on une pièce de poésie pour attirer un : auditoire ? Il donnait la conférence et composait la poésie, et cela de la meilleure grâce du monde.

On nous pardonnera de ne pas citer ici les poésies écrites à ce sujet. Elles ont été publiées récemment sous ce titre: UNE Voix D'OUTRE-TOMBE.

Quant à ses conférences pour œuvres de charité, nous savons qu’il en prononça un grand nombre. Beaucoup de ceux qui les entendirent nous en ont fait l'éloge le plus flatteur.

Comment ne pas parler aussi de l'association des Dames de Charité et de l'œuvre du Vestiaire de Notre- Dame par le moyen desquelles il vint en aide à tant de misères ?

Comment ne pas parler des services qu’il rendit dans les maisons d'éducation dont il eut la direction ?

Pour tout résumer en quelques mots: il suffit de rap-

peler qu'il fut dans ces œuvres diverses ce qu'il était p tout, une des causes principales de leur prospérité,

Il ne se ménagea pas plus pour celles-ci que pour les autres.

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Pauvre lui-même, il trouvait toujours moyen de

secourir les pauvres. Combien de personnes qui lui sont redevables de leur éducation ! Chaque année, à

notre connaissance, il ne payait pas moins de cinq ow six pensions. Toujours prêt à rendre service, il n’a jamais refusé de mettre ses remarquables talents à contribution en faveur des institutions qui faisaient appel à sa charité.

Villa-Maria, le Mont Ste. Marie, et diverses académies. de cette ville ont chanté ses refrains.

Ses poésies ont été mises en œuvre à Québec et à ‘Ottawa.

La Congrégation de Notre-Dame et les Sœurs Grises trouvèrent en lui un ami dévoué. En maintes circonstances, il leur prêta son concours toujours si précieux.

Disons enfin, que sa direction éclairée et virile au saint tribunal de la pénitence donna aux communautés religieuses de nombreux et excellents sujets et prépara pour le monde des chrétiens fortement trempés.

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