‹ M. Guillaume, ou, Le voyageur inconnuChapitre 31 sur 35 · SCENE XXVIII · texte numérisé non relu

SCENE XXVIII

Les mêmes , HIPOLITE , CECILE.

MAURICE à M. Guil'aume

Quoi ! c'est M. de Malesherbes que j'ai le bonheur de posséder chez moi !

CECILE , HIPOLITE , cluns le fond.

Monsieur de Malesherbes !

M, oEFiERViLLE, à Maurice.

Vous voyez , mon ami , ce que Je lais pour vous.

MAURICE , a M. de Fiervilie, Monsieur, je suis confus....

M. D E Fl ER VI L LE.

C'était une justice.

On ne pouvait pas écrire d'une manière plus pressante.

MAURICE , à M. Guillaume.

Que de bonté !

M. DEFiERViLLE, à M. GuUlaume.

? Je me flatte que le père ne résistera pas à une pareille lettre. {Il la donne à M. Guillaume.) \

M. GUILLAUME , prenant et pliant la lettre. Je l'espère, et le désire... Vous auriez pu dire aussi que j'appuierai , de tout mon crédit, l'avancemfnt du jeune homme.

M. DEFIERVILLE.

Voulez vous que je l'ajoute ?

Non , non , le père le saura.

M. DEFIERVILLE.

Il n'y a donc plus que l'adresse à mettre ? M. GUILLAUME, la lul donnant.

La voila.... à son adresse.

M. D E F I E Pi V I L L E. '-^

A son adresse !

M. GUILLAUME , Cl CécHe et IJipoli Venez , mes eufans.

M. DE FiErvViLLE , se retoumûTit.

Mon fils ! ( La lettre lui échappe , monsieur MalcS' herbes la ramasse.) {Cécile et Hipolitc vont pour se jeter aux genoux de M.

de Fieruille» M. de Maltsherbes arrête le jeune hom-

nie y et le mène à Maurice.

Air : Un de ces jours mes moutons s'égarèrent.

CÉCILE à M. de Yierçille.

Ah! je sens bien que je suis trop coupable I

Mais nu! espoir ne m'est -il donc permis?

A vos regards ne puis-je être excusable ,

Quand j'ignorois qu'il tlait votre fils !

HiPOLiTE à Maurice»

Ah! je sens bien que je suis trop coupable !

Mais approuvez des nœuds que chéris:

Quand votre cœur me repousse et

m'accable , Tout dit au mien que je suis votre fils!

HIPOLITE.

Mon père !

M. D E FIERVILLE

Laissez-moi!.-.. {A M. de Maleshcrhes.) Eh! quoi! monsieur.. . Vous monsieur de Malesherbes ? vous auriez

surpris !.

Il n'y a point de surprise : je n'ai su qu'il s'agissait de monsieur votre fils , que pendant que vous écriviez cette lettre.

M. DEFIERVILLE.

Ah ! monsieur! dans quelle situation vous m'avez mis!

M. GUILLAUME , ouvrant la lettre.

Qu'a-t-elle donc de si embarassant ?

M. defieuville.

Mais , songez à l'inégalité des rangs...' M. GUILLAUME, Usant froidement un passage

de la lettre.

" Vous pensez trop bien , pour qu'un préjugé vous » arrête , quand il s'agit de l'honneur d'une lauiille res- » pectable. a

■NI. DEFIERVIiLE.

Une famille sans bien....

M. GUILAUME^ UsttJlt.

«f Quel plus bf;l usage pouvez- vous faire de votre for- » tuni; , que do l'employer à xéparer les torts de votre » fils , en assurant son bonheur ! n

M. D E FIER VILLE

Ces mariag^s-là ne sont jamais heureux.;

M. GUILLAUME, Usant.

« L< s jeunes gens s'aiment éperdnement ; la violence M seule pourrait les séparer ; et vous n'êtes pas homj) me à user de ce moyen , toujours indigne d'un bon ■» père j>.

M. DEFIERVILLE.

Ah ! monsieur !....

M. GUILLAUME, à M. de Fiervillù Ce qui est écrit, est écrit... .

H I p o L I T E , à part.

Comment! mon père a écrit tout cela?

Oui , mais je ne savais pas...

Quoi î monsieur , vous conseilleriez à un autre ce que

vous ne feriez pas vous-même ?

Non, assurément, mais c'est que....

Page 1