SÏR WILFRID LAURIER ET
Dans un discours sur le “Patriotisme” prononcé le 27 avril 1902, M. Bourassa s’écriait avec cette mise en scène qu'il sait toujours mettre quand il parle : Je ne crois nullement à l'efficacité des appels à la passion popufaire. Il me semblerait iacbe d enflammer la colere d’um auditoire exclue 6Îvement français lorsque je viens prêcher la parole de la bonne entente entre nos deux races canadienns.
Depuis ce discours fameux, M. Bourassa s’est démenti bien des fois et à Nicolet particulièrement.
. Si ce n’est pas pour faire appel au mépris populaire, je ne sais pourquoi M. Bourassa dans un de ses rires méchants qui le caractérisent, s’écria à Nicolet :
“Sir Wilfrid Laurier est allé, il y a une couple de jours, à Montréal, et, dans un discours éloquent comme toujours, le chef libéral déclarait que s’il était plus jeune, il revêtirait l’uniforme militaire et s’en irait combattre dans les armées de la France.
“Pauvre M. Laurier ! Mais s’il est sincère ce M. Laurier, en parlant de la sorte, pourquoi ne nous dorme-t-il donc pas les raisons qui l’ont empêché en 1870, de voler au secours de la France qui gémissait alors sous le talon! prussien et se faisait arracher deux de ses plus belles provinces. M. Laurier n’avait alors que 30 ans et je sache pas qu’il possédait une plus nombreuse famille qu’aujourd’hui. Ah ! c’est qu’alors, l’écrasement de la France par la Prusse faisait l’affaire de la politique anglaise. C’est là la raison que donnerait M. Laurier, s’il le pouvait.”
M. Bourassa qui connaît très bien la vie de sir Wilfrid Laurier, s’est bien gardé de dire qu’en 1870, le chef du parti libéral était un jeune homme dont on craignait pour la santé. Qu’on consulte les biographes de M. Laurier et tous racontent qu’à cette époque de sa vie il était un jeune homme frêle qu’une grande régularité de vie et qu’un régime sévère seul préservaient des complications qui auraient pu amener une mort prématurée.
Au lieu de dire cela à ses auditeurs, M. Bourassa, toujours inspiré par sa haine, préféra injurier le chef du parti libéral.
Et M. Laurier eut-il été un jeune homme en excellente santé, pour quelle raison serait-il allé courir au secours de la France quand en France même on était si sûr d’écraser l’Allemagne.
D’ailleurs, en parlant de la guerre de 1870 dans son discours du 27 septembre à Montréal, Sir Wilfrid Laurier, que ce bon M. Bourassa appelle le “valet de l’Angleterre,” n’a pas cra nt de deciarer que la Grande-Bretagne aurait dû intervenir, quand la France, revenue de son illusion, vit venir la catastrophe.
M. Bourassa voulait tout bonnement distiller un peu de fiel à Nicolet et n’a pas perdu sa chance.