‹ M. Henri Bourassa au service de l'Allemagne. --Chapitre 16 sur 40 · L’HOMME LE PLUS NEFASTE · texte numérisé non relu

L’HOMME LE PLUS NEFASTE

Après avoir injurié l’Angleterre tant qu’il pût: après avoir souillé la France de son fiel, M. Bourassa repris d’un accès de haine contre Sir Wilfrid, l’appela l’homme le plus néfaste de la province, l’accusant d’avoir trahi sa mission qui était de faire le rapprochement des laces dans la vérité, la justice, le courage et non dans l’avilissement de l’une à l’autre.”

A cette diatribe du démagogue on n’a qu’à apposer les quarante et quelques années de vie publique du chef libéral et si jamais M. Bourassa trouve dans un des écrits ou des discours de Sir Wilfrûl Lauiier une ligne qui prêche “l’avilissement de notre race à la race anglaise” nous nous engageons à proclamer le chef nationaliste le plus grand homme de notre race. Quarante années et plus, le chef du parti libéral n’a poursuivi d’autre idéal que de voir les races unies par un même sentiment d’amour pour la patrie commune.

Non, l’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est plutôt celui qui depuis douze ans, sème la haine et la discorde dans le pay3.

L’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est celui qui ne souhaiterait rien tant que de voir éclater la guerre civile, pour avoir la joie d’assister au triomphe de sa démagogie.

L’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est celui qui n’a jamais assez d’invectives pour la grande nation qui nous abrite de son drapeau.

L’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est celui qui prend toujours une vraie jouissance à dénoncer et diffamer cette autre grande nation, la France, qui depuis deux ans, après des siècles fait rayonner sur le monde son génie et briller son héroisme.

L’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est celui depuis la guerre propage par la plume et par la parole l’infâme doctrine allemande.

L’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est celui depuis deux ans, compromet notre race et notre clergé aux yeux des adversaires du Canada.

L’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est celui qui par ses déclamations nous a fait si mal juger en France, en Angleterre, aux Etats-Unis.

L’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est celui qui croit être la synthèse du patriotisme, de l’intégrité, du civisme.

L’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est celui qui ne voit dans nos hommes publics que des hommes tarés, des vendus, des jouisseurs.

L’homme le plus néfase, “on dit” que c’est celui qui met au-dessus de toutes les opinions, si respectables soient-elles, sa seule opinion.

L’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est celui pour qui les personnalité les plus hautes sont dignes de mépris parce qu’elles ne partagent pas ses vues.

L’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est celui qui n’a d’autre horizon que celui de son talent, disons même de son génie.

L’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est celui qui n’a que du mépris ou de l’envie pour ceux de ses compatr'otes qui ne l’adulent pas.

L’homme le plus néfaste, “on dit” que c’est celui qui ne craint pas de s’allier aux ennemis de notre race pour combattre celui qui la représente mieux et qui en exprime tous les idéals.

Comparons donc maintenant sir Wilfrid Laurier (qu’il me pardonne cette liberté pour le besoin du moment) et M. Henri Bourassa : la saine opinion portera vite son jugement.

Page 1