M. BOURASSA ET L’ANGLETERRE
Il ne faut pas trop tenir M. Bourassa responsable de sa haine de l’Angleterre : il a ça dans le sang. C’est encore à l’atavisme qu’il faut attribuer cette phobie du chef nat'-onal'ste. Ça lui vient de son grand-père.
M. A. D. Decelles, dans son ouvrage “Papineau” écrit ce qui suit :
“ Chez Papineau, le idées sont la résultante de certaines antécédances et d’influences ambiantes par lesquelles il a été touché au début de sa c arrière. Fils d’un personnage politique important, qui avait vu les premiers temps de la domination anglaise, il a dû fatalement recueillir par hérédité ses rancunes, ses préjugés, conséquences de l’arbitraire du régime nouveau.”
Remplacez le mot “fils d’un personnage” par le mot “descendant” et vous diriez que ces lignes ont été écrites pour M. Bourassa.
Toutes les grandes oeuvres de l’Angleterre, toute sa gloire, ne sont pour M. Bourassa que le résultat de “ses rapines, de ses ruses”, “de sa violation des lois de l’humanité.’
D’autres écrivains ont aussi parlé de l’Angleterre avant et avec M. Bourassa, et ils n’ont pas cru devoir toujours la diffamer.
M. Lucien Roure, notamment rédacteur aux “Etudes”, la grande revue des Jésuites en France, disait dans un récent ouvrage qui a pour titre :
“Patriotime - Impérialisme - Militarisme” :
“ A ne parler que de l’Angleterre, accordons sans crainte qu’elle a fait sentir parfois une main trop contraignante. . .Mais, au total, elle s’est tirée de sa tâche de concentration à son honneur et à l’avantage des pays qu’elle a reunis sous son domaine. Un plan à ce point gigantesque ne va pas sans,
quelque erreur. Il reste que l’Angleterre a procuré à d’immenses populations avec la richesse, le bienfait de son véritable “self-government” et le moyen de satisfaire leurs aspirations légitimes.”
On pense bien que l’opinion de M. Lucien Roure vaut celle de M. Bourassa, qui passant son temps à maudire l’Angleterre est enchanté d’avoir la protection de son drapeau quand le péril le menace.