‹ M. Henri Bourassa au service de l'Allemagne. --Chapitre 22 sur 40 · INDEMNITES' DE GUERRE. — COLONIES ALLEMANDES · texte numérisé non relu

INDEMNITES' DE GUERRE. — COLONIES ALLEMANDES

Vous écrivez dans votre premier article :

De compensation immédiate à ses immenses sacrifices, le Canada ne peut guère en attendre de l’Allemagne, encore moins de l’Autriche, do la Turquie ou de la Bulgarie. . Indépendamment des protestations de désinJ téressement absolu si souvent formulées par ses représentants officiels, le Canada n’a pas eu l’occasion, comme les autres “nations-soeurs”, de mettre la main sur un seul pouce de territoire ennemi, il ne peut guère exiger d’indemnité en deniers sonnants. En supposant que les Alliés soient en mesure d’imposer de fortes amendes à leurs ennemis vaincus, la Belgique, la1 Serbie, la France, la Pologne, la Roumanie, ravagées par les opérations do guerre et l’occupation de3 armées, absorberont assurément, en toute jus-* tice, tout ce que les Centraux seront en état de payer.

Vous qui dénoncez avec tant de violence les peuples qui se battent pour s’enrichir, vous n’irez pas je suppose, prétendre que le Canada s’empressera de réclamer d’être remboursé des sacrifices qu’il a faits ? Où seraient alors les sacrifices ? Est-ce bien pour de l’or et des conquêtes que notre pays est allé se joindre aux défenseurs du droit outragé ? Je ne crois pas qu’il soit encore question de “piastres et de cents” en retour de ce que nos compatriotes font sur les champs de batailles. Mais quand l’ordre sera réiabli, quand la fumée des combats sera dissipée pourquoi le Canada ne profiterait-il pas des avantages économiques qui découleront du rétablissement de la paix ?

A propos des colonies allemandes, M. Bourassa conseille à M. Borden de les leur laisser et il résume ainsi toute sa pensée:

Soixante millions d’Anglo-Briîanniques ne trouvent pas excessif de posséder à eux seuls un quart des terres du globe. La France, avec sa population stationnaire de quarante millions, a jugé utile de se tailler, en Asie et en Afrique, un immense empire colonial où ses enfants n’émigrent qu’en très petit nombre.. L’Italie est entrée, depuis vingt ans, dam3 la même voie. La Russie ne se trouve pas satisfaite de posséder la moitié de l'Europe et un tiers de l’Asie. En vertu de quel principe social et économique, ces nations prétendraient-elles encercler la population allemande — qui dépasse aujourd’hui soixante-dix millions et qui va toujours croissant — dans un territoire à peine plus étendu que celui de la France ? Ce ne serait pas seulement mentir à tous les axiomes de droit public dont elles se font

gloire ; ce serait préparer contre elles-mêmes de fort dangereuses réactions.

Oh ! voyons, M- Bourassa, quand est-ce que les Alliés de l’Entente ont empêché l’Allemagne de prendre son expansion ? Laquelle de ces nations s’est opposée à ce que l’Allemagne vei'se le trop ple'n de sa populat on. sur d’autres territoires ? Est-ce l’Angleterre ? Pourtant, dans ce même article, VOUS dites un peu plus haut “qu’avant de haïr le militarisme prussien et lo pangermanisme industriel et politique les Anglais ont été leurs plus efficaces auxiliaires.”

Est-ce la France qui s’est opposée à l’expansion de l’Allemagne ? Lisez donc l’ouvrage de Léon Daudet L’Avant-Guerre ? Est-ce la Russ e, où la prépondérance ademande régnait à côté du tzar ? Est-ce l’Italie, dont les grandes inst:tutions financières et industrielles étaient sous le contre allemand ? Est-ce la pauvre petite Belgique, “petit coin de terre si hospitalier,” comme d’sait Déroulède ?

D’autre part, que voyons-nous ? On voit l’Allemagne se ruer comme une brute enragée sur la Be^ique et sur la France. On voit l’Autriche s’abattre sur la "Serbie et le Monténégro ; on voit la Turquie massacrer des populations entières d’Arméniens. Et c’est à ces peuple que vous voulez laisser leurs colonies ? Quel grand coeur vous avez ! B smarck vous aurait choyé-

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