‹ M. Henri Bourassa au service de l'Allemagne. --Chapitre 23 sur 40 · L’AFFRANCHISSEMENT DES PEUPLES · texte numérisé non relu

L’AFFRANCHISSEMENT DES PEUPLES

Quant à l’affranchissement des peuples, M. Bourassa ne se montre pas moins condescendant pour l’Allemagne et ses affidés.

Là-dessus voici la théorie de M. Bourassa:

C’est une maxime générale de droit public, applicable à “toutes” les nations, que les hommes d’Etat britanniques ont formulée. .Vouloir en faire profiter les seuls Etats conquis ou dominés par les empires du Centre, et en refuser l’application aux peuples dépossédés ou subjugués par l’Angleterre Réclamer la liberté de la Belgique, de la Serbie, du Monténégro, sans affranchir en même temps l’Irlande, la Pologne, la Lithuanie, la Finlande; soustraire les 3alkaias aux influences germaniques pour mieux les livrer à la domination mocovites; anéantir les desseins du Kaiser sur une Pologne germanisée, afin de permettre au Tsar d’étendre sa suzeraineté sur une Pologne agrandiie et ruissifiée: — tout cela serait d’une cynique et révoltante hypocrisie. .Une telle attitude justifierait les pires accusations d’insincérité portées par les Allemands contre leurs ennemis coalisés. La châtiment pour l’Angleterre et la Russie serait un redoublement d’activité dans les milieux révolutionnaires irlandais, polonais et finlandais; pour toute l’Europe, ce «erait, à brève échéance, une nouvelle éruption du volcan balkanique.

Il faudrait ici tout un article pour réfuter les prétentions germanophiles du chef natiônal ste. Il faudrait pour en montrer toute la fausseté, empiler des autorités, et le cadre de cette lettre est trop étroit pour ce faire.

Mais pour que M. Bourasse ne veuille m’accuser de supercherie, je pourrais lui signaler une brochure de Henri Hauser, professeur à l’université de Lyon, sur le “Principe des Nationalistes” (Paris, L brairie Félix Alcan), et il pourrait encore la publier dans son journal; je lui signale même le chapitre IV sur l’“Evolution de l’idée de nationalité.”

Le chef nationaliste se réclame souvent de l’autorité du vicomte Bryce, anc'en ambassadeur aux Etats-Unis; qu’il me permette donc de lui signaler une étude publiée par lui dans la “Bibliothèque Universelle” de Lausanne, en décembre 1915 et il nous dira dans son prochain article comment l’Angleterre entend le principe des nationalités.

Mais d’ailleurs ponrquoi s’attarder à discuter sur ce point. Lui qui veut tant sauvegarder les nat.onalités allemandes et autres, que ne cite-t-il pas la théor'e allemande des nationalités exposé dans l’écrit de Treitscke sous le titre: Was fordern wir Frankriech?

En avril 1914 dans une conversation avec M. Jules Cambon, ambassadeur de France à Berlin von Jagow définissait comme suit la doctrine allemande sur les nationalités :

, , ^es P®tlts Etats ne pourront plus mener, dans la transformation qui

s opéré en Europe au profit des nations plus fortes, par suite du dévelop-, pement des forces économiques et des moyens de communication, l’existence indépendante ©.ont ils ont joui jusqu’ici. Ils sont destinés à disparaître o3» a. graviter tans 1 ©arbitre des grandes puissances.**

M. Bourassa approuve-t-il cette doctrine ?

, Pour se couvrir M. Bourassa se réclame de l'appel de Benoît XV aux belligei ants, en 1915, dont il détache une phrase : que ne nous donne-t-il pas le texte complet de ce document, pour voir, si le pape justifie les attentats de i Allemagne a la liberté des peuples ?

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