‹ M. Jean le SueurChapitre 14 sur 17 · ue · texte numérisé non relu

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exemple, des Jésuites, et de tous les principaux citoyens; mais il fut heureux d’avoir dans sa propre maison un ami, comme M. Le Sueur, capable de compatir à ses peines, et de le remplacer auprès de sa femme, de ses domestiques et de ses enfants durant les jours mauvais de l’exil.

M. Bourdon s'était remarié (1655) quelques mois après la mort de sa première femme. Il avait épousé Anne Gasnier, veuve de M. de Monceaux. C'était une dame de qualité, qui joignait à une grande distinction de naissance et de manières, la pratique des plus solides vertus :

« Elle est un exemple de piété et de charité dans tout le pays, écrit Marie de l’Incarnation. Mme d’Aïlleboust et elle sont liées ensemble pour visiter les prisonniers, assister les criminels, et les porter même en terre sur un brancard. Elle est continuellement occupée à ces bonnes œuvres et à quêter pour les pauvres. Enfin elle est la mère des misérables, et l’exemple de toutes sortes de bonnes œuvres (1). »

Une des œuvres principales de Mne Bourdon, ce fut de s'occuper de placer, de nourrir et d’entretenir, en attendant qu'elles fussent demandées en mariage, le grand nombre de personnes du sexe que l’on envoyait au Canada, afin de procurer de bonnes et honnêtes épouses aux colons qui s’y rendaient chaque année, et aussi aux soldats du régiment de Carignan qui furent licenciés après l'expédition de M. de Tracy contre les Iroquois (1666). On vit alors à Québec, sous la direction de Mme Bourdon, ce qu’on aurait pu appeler l’œuvre des femmes émigrées; et ce fut sur le coteau Sainte-Geneviève, où l’on avait déjà pu admirer le pensionnat sauvage de Mme Hubou, que Mne Bourdon s’exerça à cette nouvelle œuvre de patriotisme et de dévouement.

Elle fit plusieurs voyages en France, afin de voir par elle-même à ce que le recrutement des personnes envoyées au Canada ne se fit que dans des milieux respectables; et elle les amenait au pays (2). La plupart du temps ces personnes, appartenant à des

(1) Lettres de Marie de l’Incarnation, t. 1, p. 404.

(2) Claude Martin nous apprend qu’on avait fait courir les bruits en France, « que le Canada était un pays perdu de réputation à cause des personnes de mauvaise vie qu'on y avait envoyées pour le peupler. » (La Vie de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation, Paris, 1677, p. 387.)

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