‹ M. Jean le SueurChapitre 15 sur 17 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

tamlles pauvres mais honnêtes des diverses provinces de la France, étaient venues à Paris pour y servir dans les hôpitaux ou autres institutions de ce genre. Si quelque personne de confiance leur disait qu’en allant au Canada elles y trouveraient le bonheur, l’aisance, la liberté, les plus courageuses n’hésitaient pas à quitter leur pays pour cette contrée lointaine. Me Bourdon était là qui les encourageait, enregistrait leurs noms, ceux de leurs parents, celui de leur pays natal, et se chargeait d’avoir soin d'elles durant la traversée. Un jour, elle amena à Québec, « sur un vaisseau normand, » pas moins de cent cinquante filles (4).

Naturellement, malgré le soin qu'on avait pris de les choisir, ces filles n'avaient pas toutes un caractère facile, ni la même éducation :

« Elles ne lui ont pas peu donné d’exercice durant un si long trajet, écrit Marie de l’Incarnation, car comme il y en a de toutes conditions, il s’en est trouvé de très grossières et très difficiles à conduire. Il y en a d’autres de naissance, qui sont plus honnêtes et qui lui ont donné plus de satisfaction. »

Puis elle ajoute :

« Les vaisseaux ne sont pas plutôt arrivés que les jeunes hommes y vont chercher des femmes, et dans le grand nombre

Lahontan a essayé de donner crédit au même préjugé, lequel est tout-à-fait

contraire à la vérité historique. (The old Regime in Canada, par M. Parkman, p. 221:) «© A l’appui des témoignages rendus à la pureté des mœurs de nos ancêtres, nous citerons, dit M. Ferland, une autorité qui ne peut être soupçonnée de flatterie : ce sont les registres mêmes, où furent inscrits presque tous les baptêmes qui se firent dans le gouvernement de Québec, jusque vers l’année 1672. Sur six cent soixante-quatorze enfants qui furent baptisés, depuis l’an 1621 inclusivement, jusqu’à l’année 1661 exclusivement, on ne compte qu’un seul enfant illégitime. Il faut remarquer que, pendant une grande partie de cette période, tous les enfants nés de parents français dans la colonie entière étaient baptisés à Québec. Depuis 1661 jusqu'à 1690 on rencontre le nom d’un seul autre enfant né de parents inconnus.

« En sorte que dans l’espace de soixante-neuf ans, au milieu d’une population composée de militaires, de marins, de voyageurs, de nouveaux colons, deux enfants seulement sont nés hors du légitime mariage de leurs parents. Ces chiffres fournissent une réfutation péremptoire des calomnies inventées par les La Hontan et quelques aventuriers de même aloi, contre li réputation de nos aïeules canadiennes. » (Notes sur les Registres de N.-D. de Québec, p. 39.)

(1) Lellres de Marie de l'Incarnation, t. 11, p. 474.

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