‹ M. l'abbé François Pilote, curé de Saint-Augustin (Portneuf) [microforme]Chapitre 10 sur 17 · RD · texte numérisé non relu

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cette année encore, père toujours aimant, il a voulu profiter de la quête de l'enfant Jésus pour aller voir ses enfants spirituels. C'était un beau spectacle de voir ce curé courbé par la maladie, pouvant à peine marcher, aller de porte en porte saluer ses paroissiens bien-aimés. Il n’y a que la Religion catholique pour inspirer des sentiments aussi touchants.

Au jour de l’an de l'année dernière (il ne faisait que de se relever de sa première attaque de paralysie), il voulut monter en chaire pour souhaiter lui-même la bonne année à ses enfants. Comme le disait son vicaire, M. Thiboutot, à l’auteur de cette étude : ‘ Jamais M. Pilote ne fut plus éloquent ; ” mais ce fut l’éloquence des larmes,

Monté avec peine dans la chaire, il n’avait dit que ces mots : ‘“ Mes chers enfants ! ” lorsque l'émotion s'empara de lui, et il se mit à fondre en larmes. Ces pleurs étaient contagieux : l'instant d’après, les paroïissiens réunis pleuraient avec leur pasteur, dont la maladie les avait ‘jetés dans la plus profonde tristesse. Leur esprit les reportait malgré eux à ce moment solennel des adieux. Heureux pasteur ! et encore plus heureux paroissiens! Quant au premier, on sait qu'il s'attache toujours à ceux qu'il doit mener vers le Ciel; mais on sait encore que ceux-ci n’ont pas toujours un amour correspondant à celui du curé, amour sublime, reflet de l’amour divin.

‘ Le prêtre qui a tout quitté, père, mère, frères, sœurs et le toit natal pour s'attacher au Dieu qui dit : Ænseignez en mon nom ; la prêtre, aucuel les affections d’époux, de père, sont interdites, porte cependant au dedans de lui, comme nous faisons tous, un cœur fait pour aimer, Alors ce besoin de s’attacher à quelque chose retombe sur le lieu qu’il habite, sur les occupations qu’il y trouve. Le bon prêtre aime sa paroisse comme une mère, comme une

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