UNS APE
en grand, nombre ; plus est les plantes sauvages des îles voisines s’y présentent à l’état civilisé : un botaniste ferait son régal de ce spectacle. Sortis du jardin, nous traversons la cour de récréation, Nous voilà sur la rive même du
grand fleuve. Quel spectacle !
L’eau qui se précipite en énorme volume,
Heurtant l’angle des rocs sur leur base tremblants, Avec de longs cris sourds, roule en tourbillons blancs : C’est le fleuve qui prend sa course dans la brume !
Comme un cheval fougueux dont on saigne les flancs, Il se cabre d’abord, puis court, bondit, écume,
Et va dans le lointain cacher son flot qui fume
Sous le rocher sonore ou les grands bois ronflants.
De partout l’on entend monter des clameurs vagues ; On voit de gros oiseaux pêcheurs suivre les vagues, De remous en remous plongeant et tournoyant ;
Par un dernier effort cran:ponnés au rivage, Les vieux troncs rabougris penchent leur front sauvage, Noirs fantômes, au bord de l’abîme verdoyant ! (1)