FEES
M. Proulx, ‘“ quoique simple typographe, n'ayant que juste ce qu'il faut pour exercer ce métier, ” a néanmoins
Lu D al
réussi à faire de la Gazette des Campagnes une excellente revue agricole, citée par toute la presse du pays. Ce n’est: pas là tout le mérite de ce compatriote aussi humble que dévoué : après avoir végété toute sa vie pour maintenir sa publication si précieuse, il est fort probable qu’il aura encore le mérite de mourir pauvre, au service d’une belle œuvre. On le regrettera plus tard, probablement : justice tardive, monnaie ordinaire. des hommes.
Revenons, maintenant, à l’année 1862, dans la biogra-
phie de M. Pilote.
Des jalousies sourdes (nous y avons déjà fait allusion), s'étaient déclarées contre le deuxième fondateur du collége dont on cherchait à miner l'influence et à déprécier les longs services. On se rappelle parfaitement encore les misères, les tracasseries, les accusations injustes suscitées, inventées par une certaine coterie de cette époque, qui, ne voulant point tenir compte du mérite et du dévoûment de ce vétéran de l'Education, entreprit de le décourager par la plus noire ingratitude. Inutile de rapporter ici les détails de cette conspiration ourdie par des hommes qui devaient tout ce qu'ils étaient à M. Pilote, et qui ont dû (on doit le supposer du moins) regretter leur manque de loyauté à son égard.
En 1862-63, le nom de M. Pilote ne paraît point sur le catalogue du collége.
En 1863-64, il redevient procureur, position qu'il occupe jusqu’en 1869,
Nous étions au mois d'août de l’année 1870. L'ingratitude, fille de la vanité, avait accompli son œuvre sur ceux qui, depuis si longtemps, jalousaient M. Pilote : dont le mérite, la science et les longs services leur faisaient ombrage. Humble par la naissance, petit par la fortune, mais noble par le cœur et par l'intelligence, M. Pilote