IMITATION III
* * * Une des choses les plus difficiles à conserver sur la terre, c’est la concorde entre les membres mariés d’une même famille,
Pour arriver à cette concorde, il faut que cha-
» cun se mêle surtout de ses affaires. Lorsqu'un
mariage est fait, il est fait. Inutile donc de réveiller le passé et de déclamer à droite et à gauche, ce qui ne peut que gâter de plus en plus les choses.
Le grand point pour un jeune homme est de prendre une bonne femme. Il est plus facile d’en choisir une bonne que d’en refaire une mauvaise.
Dans tous les cas ce n’est pas en excitant la
bile d’une femme qu’on l’améliore.
D Un moyen radical pour conserver la paix en- . tre les familles serait de couper les langues trop - longues, comme le sont toutes les langues exa.
. lomniatrices. OA A Re 1 EURE Madame X dit u un an te ne contre sa
belle- sœur. Je l’entends. : quoi bon le col-
porter ?
mon corps pour étre brélé, si je wa pas 7
tn x
charité, cela ne me sert de rien.
S. PAUL aux Corinthiens.
Les Gèdres, mercredi, 3 août 1887.
À travers les journaux.—TL’huile.—Ferdinand de Cobourg.—Boulanger. L’ Allemagne et la Réforme. — Gladstone. — Anastasiadis. — Pranzini. —— Guislain. — l’instruction, seule, augmente-t-elle le
En. crime ? — M.Caro.— Le Congo belge. — Alfred Charlebois. — Le
- Dr Brisson.— Chs Thibault.— Maximilien Bibaud.
Que disent les journaux, depuis un mois ?
On nous parle de la vertu de l'huile pour cal- - mer les flots. (C’est assurément du vieux-neuf, puisque Pline l'Ancien annonçait la même cho-
se au commencement de l’ère chrétienne.
mn
Sans à à A
{ Ferdinand de Cobourg, né à Vienne en 1861, Ë est élu roi de Bulgarie. Il est catholique.
Le cri de Vive Boulanger ! ” se fait enten-
dre en France.
On fait grand éloge de l'Allemagne et la Réforme du Dr Jean Janssen. Cet ouvrage est le fruit de trente années de travaux.
Gladstone s'élève avec véhémence contre la législation crocodile de la coercition en Irlande,
Conversion au catholicisme de Anastasiadis, abbé d’un monastère de première classe, chez les Grecs schismatiques.
Motif de sa conversion : la stérilité de l'Eglise grecque schismatique. L'Eglise catholique fait sans cesse des conquêtes ; les prêtres sont par-
tout,où sont les missionnaires de l'Eglise grecque ?
On élève en France une potence pour le meurtrier Pranzini et ane statue en Belgique à Ju-
les Guislain, fameux aliéniste.
Faut-il, pour diminuer le crime, augmenter l'instruction ou favoriser la religion ?
M. Paul Perret démontre dans la Revue du monde catholique que linstruction, si elle n’est accompagnée de la religion, ne fait qu'aug-
menter le crime,
« Décès de M. Caro, professeur de philosophie à Paris. Il a combattu le matérialisme sous toutes ses formes. On lui reproche de ne pas s'être as-
sez inspiré, dans ses solutions, du sentiment
+ Au Canada, peu de chose.
| | RL; élection pour le comté de La Prairie, de ke pe les politiciens. Elle est occasionnée par la . mort de M. Alfred Charlebois, M. P. P. Je’ F: souhaite à La Prairie d’avoir beaucoup de cer" 4 toyens d’une aussi parfaite honorabilité, En. Le Dr Brisson, de La Prairie, est aujourd’hui sur les rangs. C’est un ami de collège. Actif, à
. entreprenant, studieux, le Dr Brisson pourra
: ie service un Jon à son pays.
| L'Etendard A le discours nee 6
point de vue.
. du e
| sieurs | ouvrages d'histoire. | On cite avec ee ses | Sagamos | lustres. Il signait Bibaud jewne,pour distingue ses ouvrages de ceux de son père. Sa mort :
été pleine d’édification.
Les Cèdres, jeudi, 4 août 1887
Héros inconnu : Antoine Lalonde.—Comment il descend un jour les Rapi-
des, mort de ses compagnons.— Huit hommes sauvés:à la fois. —
A la nage entre la Pointe des Cèdres et l'Ile à l’Aïl. — Comment
Lalonde sauve l'équipage et les passagers de la Sainte-Hélène. Jos Vincent, batelier et sauveteur émérite, recevait au mois dernier la visite de M. Ross, gou-
verneur de l’état de Wisconsin. Ce nom me re-
met en mémoire celui d'Antoine Lalonde, des
Cèdres.
Le récit de ses exploits mérite de passer à la postérité. :
C'était le 22 août 1854.
Antoine Lalonde (qui avait alors 18 ans ), Toussaint Rodrigue, son grand’oncle, Martin Sauvé et François Desparrois, partent en canot, des Cèdres, sur les 5 heures du matin, pour se rendre à St-Timothée, sur la rive sud du St-Lau-
rent.
Peu après leur départ, la brume commence à
ue s
La brume bientôt se fait de plus en plus épais- Ë
se. Lalonde et ses compagnons font force de rame. Jls ont parcouru les deux tiers du chemin. La brume augmente toujours. Bientôt ils ne peuvent plus rien distinguer. Ils sont perdus, | ne sachant où diriger leur canot. Le rapide ce- à pendant les secoue de plus en plus et la chûte aux bouleaux mugit à courte distance. Ils attendent aves anxiété, chaque seconde leur paraît un siècle. Ils savent nager, mais que peut lhabileté contre la fureur des flots ? Le courant les entraîne ; ils évitent providentiellement, la chûte, mais tombent dans le gros rapide qui . Vavoisine, Le canot chavire* DU Tous se maintiennent à la surface des vagues.
Lalonde, calme au milieu du danger, court à son
fait autant pour ses deux autres compagnons. \ Nos quatre naufragés, cramponnés au canot, par=
courent deux milles des Cascades.
soudain jetés nr un remous,
D nent et retournent avec le canot, Le canot ï leur échappe. Ils sortent enfin de ce tourbillon . nagent un demi-mille, Lalonde ayant son grand’”- D. accroché à son dos. Sauvé et Desparrois, is épuisés, enfoncent pour ne plus reparaître. Ta londe traîne toujours son grand’oncle ; cehiioi. À épuisé cependant, lâche prise et disparaît dans 4 les environs de la Pointe des Cascades. : | ï Lalonde, qui avait encore quelque force, veut : à ratrapper le canot ; il nage la distance d’un mille et met enfin la main sur cette planche de salut. Le voilà à cheval sur la sole du canot. Il parcourt à ainsi deux milles, ne se tenant qu'avec peine sur ce bois vacillant, Il se trouve déjà assez Join sur le lac St-Louis lorsque des cultivateurs
l'apercoivent, de terre ferme; ils viennent at
—. son secours et le recueillent au moment où il … commence à perdre connaissance | Ga Quelle énergie, quelle habileté Lalonde n’avait-
il pas Léployées !
En 1863, un radeau prend le chemin de Ja Fe
— Lo.
chute aux bouleauæ. Lalonde accourt et arrache huit hommes à la mort,
En 1865, deux enfants, l’un de 7 ans et l’autre de 9 ans, prennent le chemin des Rapides dans un frêle canot. Lalonde averti, se jette à l’eau entre la Pointe des Cèdres et l’Ile à lAïl, traverse la grande batture, saisit le canot, sy
installe et ramène les deux enfants !
En 1872, le bateau à vapeur Sainte-Hélène, venait de sauter heureusement la chute aux bouléaux, lorsque sa chaîne soudain se brise. Le navire, à la merci des flots, va s’échouer à 300 pieds de l’île aux bouleaux ( voir la note de la page 14). La terreur s'empare des passagers.
Comment sortir de cette impasse ? Tranquillezvous, voyageurs, vous êtes à vue des Cèdres, et Lalonde ne tardera pas à venir.
Le hardi sauveteur, à la première nouvelle, laisse en effet le village et se dirige du côté du bateau. Que pouvait cet homme, semblait-il, au milieu de ces flots courroucés ? Les passagers le suivaient de l'œil, ne pouvant voir en lui un