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loment, parmi les plus connus, l'abbé Léon Bellanger, le poète des nids et des berceaux, et l'abbé Jules Sourice, l'ancien soldat volontaire de 1870, le mathématicien ; le Révérendissime Père Abbé de Bellefontaine, Jean-Marie Chouteau, et l'abbé Brisset, à l'humour si enjoué, mort archiprêtre de Saumur; M*' H. Pasquier, le Recteur des Facultés catholiques de l'Ouest, et l'un de ses élèves, l'abbé Louis Chasle. .. J'ai nommé Louis Chasle, pour montrer une fois de plus combien M. Laroche s'intéressait à son peuple. C'est lui qui supplia instamment M^' Pasquier, supérieur du Bon- Pasteur d'Angers, de créer dans sa communauté une petite paroisse pour le jeune prêtre, intelligent mais timide, afin qu'il pût y exercer son zèle. Il est juste de voir dans cette intervention la main de la Providence. M. l'abbé L. Chasle, introduit dans la communauté en qualité d'aumônier des préservées et des juvénistes. y composa un livre qui est, à mon sens, un chefd'œuvre d'hagiographie : je veux dire la Vie de sœur Marie du Divin-Cœur, une des privilégiées du Cœur de Jésus (1). Le pieux abbé semble n'avoir vécu que pour
(1 ) Le liYTe est édité chez G . Beançbesne, Paris. 11 est à son neuvième millt.
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achever cette œuvre : car le jour où il signa le bon à tirer pour les épreuves de sa deuxième édition, il était pris du mal qui le conduisit au tombeau.
Prêtres, professeurs, missionnaires, moines... tous, quand ils avaient quitté le séminaire, et dans quelque voie qu'ils fussent lancés, le Directeur les suivait avec le même dévouement, la même joyeuse affection. Puis, sa renommée lui amena des prêtres, qui n'avaient pas été ses enfants, comme M^'' de Las Cases; ou même des laïques, comme M. le comte de Blois, M. Bouriché, qui venaient lui demander conseil. Le dernier cas est plus rare : Saint-Sulpice n'accepte pas, en général, la direction des laïques.
Mais l'influence du Directeur s'étendait même aux séminaristes qui n'étaient pas ses dirigés. Quelquesuns lui venaient, attirés par la séduction de son esprit et la tendresse qu'ils avaient découverte dans son cœur. J'ai publié, par l'entremise de M. Laroche, les Souvenirs de M. Vahbé H. Vollot (1), qui mourut très jeune, professeur d'Ecriture Sainte à la Sorbonne. En 1858 commença, entre le Directeur d'Issy et le séminariste,
(1) Poussielgue éditeur, 2« édition, un volume grand in-8« de 500 pages.
brillant lauréat des concours généraux de l'Université, une intimité qui ne fut brisée que par la mort. Elle eut sur la vie de l'abbé H. Vollot une influence capitale. M. Laroche fut, non pas le confesseur, mais le confident de tous ses projets et de toutes ses ambitions saintes, le plus aimant et le plus écouté des conseillers. L'abbé Vollot, esprit plus fin et plus aiguisé que l'abbé Perreyve, poète à ses heures et prosateur vigoureux, dédia plusieurs de ses aimables poésies à M. Laroche, et lui adressa nombre de lettres. Quand le vicaire de Saint- Thomas d'Aquin partit pour Tubingue, à la requête de M^' Meiguan ; quand il revint à Paris et ouvrit son cours en Sorbonne, M. Laroche n'était plus auprès de lui. Mais, de loin, il encourageait son zèle et soutenait ses efforts, qui tendaient tous à la gloire de l'Eglise. J aime à croire qu'il fut l'inspirateur de cette pensée, que l'on trouva dans les papiers de l'abbé H. Vollot : (( N'y aura-t-il pas une récompense pour ceux qui auront donné à la Vérité, indigente et nue, un vêtement, c'est-à-dire qui l'auront recouverte d'un langage simple et noble, le seul qui soit digne d^elle et qui, hélas ! lui fait si souvent défaut? » Le témoignage suivant est le plus bel hommage du disciple au Directeur aimé ;
« Vous savez qu'il y a du vous en moi. C'est parce que je pense à vous que je supprime dans mes discours bien des choses qui méchappent au premier moment, et qui vous déplairaient. »
Cette même influence, M. Laroche l'exerça chez nous, pour la même œuvre, au service de l'Eglise. Il parlait souvent à ses élèves de son ami l'abbé H. VoUot ; il leur communiquait quelques-unes des lettres, d'un humour très fin, qu'il recevait de Tubingue. Par ces lettres, et par ses propres leçons, il leur mettait au cœur le goût de la beauté littéraire, l'ambition de se dévouer en ornant de diplômes « la robe variée de notre mère l'Église. » Il obtint de M^"" Angebault qu'il envoyât M. l'abbé H. Pasquier aux Carmes, pour préparer son baccalauréat et sa licence es lettres.
Le jeune prêtre, étudiant loin de son diocèse, se demandait par moments si les lettres profanes pourraient se concilier avec la vie du prêtre. Le Directeur répondait : « Travaillez pour Dieu uniquement; et l'étude n'aura point de périls, parce que, si c'est pour Dieu que vous travaillez, il vous sera facile de quitter l'étude pour Lui. Rien ne dessèche l'âme, comme Tétude qui n'est faite que pour le conten-
toment do la curiosité. Rien ne la nourrit et ne l'élève, comme l'étude qui est animée par la foi... (1; » Et un autre jour : « Ne craignez point, disait-il, que l'étude vous détourne de Dieu. Pendant quelque temps encore, elle pourra vous distraire ; mais elle vous ramènera, j'en suis convaincu, au centre où tout aboutit, et vous y fixera. Vous apprendrez à ne vouloir savoir, comme à ne vouloir vivre, que pour Dieu. Gela viendra plus parfaitement, quand vous aurez mieux vu que tous vos efforts ne pourront jamais vous conduire qu'à un résultat misérable. Qu'est-ce que la science de l'homme le plus savant? ... Cette pensée me venait, hier au soir, en contemplant les étoiles. Il n'était pas nécessaire, n'est-ce pas ? d'aller la chercher si haut.... Ne croyez pas que je veuille vous dégoûter de la science. Vous savez ce que je pense à ce sujet. Mais il ne faut pas faire de la science pour la science ; cela ne vaut pas mieux que l'art pour l'art (2). » Quand l'étudiant fut reçu licencié, c'est avec une grande joie que M. Laroche le vit revenir à Angers, pour prendre la direction de
(1) Lettre du 25 décembre 1868.
(2) Lettre du 12 août 1868.
l'École des Hautes Études de Saint-Aubin, fondée par M^' Freppel. Cette sœur de TÉcole des Carmes s'abrita, d'abord, sous Je couvert de deux institutions secondaires, Mongazon et l'Externat, jusqu'au jour où la générosité d'une grande chrétienne (1) fixa sur le roc, au Bout-du-Monde, sa destinée errante. Elle était la première pierre, pierre d'attente, du grand édifice universitaire que déjà rêvait M^' Freppel. Elle y fut annexée en 1876, tout en gardant son autonomie. Et lorsque M. Laroche, parti d'Angers, revenait passer quelques jours chez le Directeur, devenu le Recteur magnifique des Facultés catholiques de l'Ouest, n'était-ce pas un fondateur que l'on saluait et que Ton fêtait en lui? Je relis ses résolutions de retraite, écrites en 1853 : « 1°) Je tâcherai de me bien pénétrer, surtout dans l'oraison, de l'importance des fonctions que je remplis. Je tiens la place de Jésus-Christ instruisant et formant ses apôtres. Puissé-je avoir ses dispositions et ses sentiments....
« 2") Je ne me rechercherai jamais en rien dans tout ce que je ferai, soit en classe, soit dans la direction,
(1) M™« la vicomtesse des Cars.
soit dans les récréations — Hoc sentile in vobis quod el in Christo Jesu.
« 3°) Tout ce que je ferai sera pour le plus grand bien des Séminaristes. Et, pour cela, je penserai toujours à eux dans mes études... »
Le Directeur, le Prêtre, a tenu les engagements de cette première année d'enseignement. Il a été le bon serviteur de l'Eglise dans ses prêtres.