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tions imposées au commerce des céréales. Il fut heureux dans cette entreprise hardie et, serviteur obéissant des vœux populaires, il fit adopter la mesure demandée par la majorité de la nation.
Sa carrière publigue tirait à sa fin et, cette fois, il dût abdiquer la direction du parti dont la majorité des membres n'avait pas voulu le suivre dans le réglement de cette grave difficulté.
M. Laurier ne trouve-til rien à admirer dans cette ceaduite de Sir Robert Peel ?
Mais pourquoi assimiler le parti conservateur canadien aux adversaires de cette loi sur le commerce des céréales ? Où est l'identité d'intérêts, de temps, de circonstances et de lieux ?
Je crois donc avoir établi, à la Inmière éclatante des faits et des enseignements de l’histoire de la mère-patrie, que M. Laurier, comme je le dis en commençant cet écrit, a failli à la tâche d'assimiler les deux partis politiques de la province de Québec, aux deux partis qui ontexisté en Angleterre avant et pendan: ce siècle.
I me reste à ajouter quelques considérations sur les actes du parti libéral au Canada et sur les œuvres du parti conservateur.
En étudiant l'histoire de mon pays et de mes compatriotes depuis l'union des deux Canadas, en 1840, qu'est-ce que je trouve dans ces annales dont le souvenir est encore si vivace dans la mémoire de ceux qui ont été les témoins des événements qui y sont enrégistrés ? Après une période de quelques années d'union, de bonne entente et d'harmonie, pendant laquelle tous les Canadiens-Français combattaient sous le même drapeau, je vois arriver le jour de la scission et de l’organisation d'un nouveau parti par quelques jeunes gens aux idées extravagantes.
L’illustre Lafontaine, dont M. Laurier est obligé de faire l'éloge, resta le chef de la grande majorité des Canadiens-Français qui s’intitulait le parti libéral. Pourquoi portait-elle ce nom? Parce que ce parti avait lutté avec patriotisme et succès pour obtenir à la population la jouissance de la plénitude des libertés nubliques que comportait le régime du gouvernement responsable, Mais le jour où des éiourdis, par malheur un instant sous les ordres d’un ancien chef politique qui, après leur avoir donné l'impulsion fut incapable de la contenir, nièrent l'efficacité du gouvernement responsable, s'attaquèrent aux &dmirables
+ institutions constitutionnelles de la mère-patrie et se déclarèrent les
admirateurs enthousiastes du système républicain; le jour où ils s’avouèrent les pertisans de la rupture du lien colonial et de l'annexion
aux Etats-Unis; le jour où, dans l'espérance de détruire l’un des plus puissants obstacles à la réalisation de leurs projets, ils livrèrent la guerre à l'influence et à l'autorité du clergé canadien, le pasteur vigilant, l'ami le plus fidèle, le serviteur le plus dévoué de nos compatriotes ; ce jour, dis-je, le vrai parti libéral, qui avait combattu depuis 1840 pour les droits populaires, eut à jouer un nouveau rôle. Le devoir le plus sacré lui commandait de se faire le protecteur de ces mêmes libertés conquises après tant &’efforts, le défenseur de la constitution qui enfin favorisait le Canada d’une ère de progrès et de liberté. Le jour où Sir L. H. Lafontaine et son parti se chargèrent de cette tâche si honorable, fut le moment où le conservatisme canadien, jusque-là à l’état jatent, se manifesta avec énergie et entoura nos institutions du triple rempart du respect, du patriotisme et du dévouement.
Ainsi les faits me disent, et l’aveu de M Laurier a confirmé l'appréciation que je m’en étais formé, que le parti rouge, qui s'appelle aujourd’hui le parti libéral, tire son origine de la déloyauté envers la mère-patrie, de la trahison de la cause nationale des Canadiens- Francais, d’une folle admiration pour les institutions républicaines de nos ‘voisins, d’un engouement ridicuie pour les plus extravagantes utopies du radicalisme le plus effréné.
Il n’est pas nécessaire d'entrer dans de longs développements historiques pour prouver que ce soi-disant parti libéral a été un parti déloyal, extravagantetanti-national. M. Laurier, qui a parlé au nom de ses amis politiques, l'a admis avec franchise. En désapprouvant sur plusieurs points le passé de son parti, il ne lui a resté que la ressource de demander excuse en considération du jeune âge Ce ceux qui débutèrent en proposant une révolution complète du pays.
Pour un, je remercie M. Laurier de grand cœur d’avoir informé ses compatriotes à quel point de vue général il souhaite que son parti soit jugé. Je cite en entier le paragraphe suivant d2 son discours.
«L'une et l'autre (l'idée conservatrice et l’idée libérale) sont sus-
servateur qui défend les vieilles institutions de son puys, peut faire «beaucoup de bien, de mème qu’il peut faire beaucoup de mal, s'il
«libéral qui combat ces abus, et après de longs efforts parvient à les cextirper, peut être un bienfaiteur public, de mème que le libéral qui
Centière. »
«ceptibles de beaucoup de bien comme de beaucoup de mal. Le con- * «s’obstine à vouloir maintenir des abus devenus intolérables. Le !
porterait une main légère sur des institutions sacrées, pourrait ôtre { cun fléau non-seulement pour son pays, mais pour l'humanité toute |