Auguste Comte et la Philosoj h 'e po^itluc^ pi G
il6 LA PHILOSOPHIE POSITIVE.
Marquons ces mouvements successifs. Il était arrivé un moment où Auguste Comte, tout en pensant et nssurant qu'il ne faisait que développer la doctrine, modifia du tout au tout sa méthode; c'est « quand il voulut passer des principes posés dans le système de philosophie positive à l'application posée dans le système de politique positive ». Lui-même avoue qu il échangea alors la méthode ohjective, celle qui recherche les explications dans les faits généralisés, pour la méthode subjective, celle qui substitue à la conccplion des lois les intuitions personnelles et ks vues de Tesprit.
C'est l'époque où il ne discule plus, où il n'interroge plus les faits, où il imagine, où il impose ses idées personnelles sur les applicalions politiques et sociales du système. En politique, par exemple, en attendant l'ère de la rénovation intégrale, fondée sur la distinction du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel, il voulait établir un gouvernement sciemment révolutionnaire pour ce qu'il nomme Vinterrècjne, le temps de transition. Nous avons vu qu'il ne médifait licn moins que d'établir la dictature à
Taidc truii liiuiu virât nomme à rùl(M'Jion par le peuple de Paris exclusivement, et choisi parmi les prolélaires. iM. Liltré eut le tor t, dans les jours troublés de 1848, de recevoir d'abord sans examen des idées qu'il devait rejeter plus lard. «C'est, disait-il un grave échec intelleclucl , et je le confesse sans détour. La seule compensation que j'y trouve, et elle n'est pas sans valeur, c'est d'abord une leçon de modestie, puis un juste avertissement, à moi, de me défier de moi-même, et à ceux qui veulent bien me lire, de voir en moi un guide qui n'est absolument fidèle que dans sa bonne volonté ^ »
Dans le domaine religieux la dissidence fut aussi énergique, mais immédiate. Aussilôt que Comte s'écarta sensiblement de l'état positif, « celui où l'esprit humain conçoit que les phénomènes sont régis par des lois immanentes auxquelles il n'y a rien à demander par la prière ou l'adoration, » M.Littré se retira. Pas un instant il n'admit cetle conception plus que bizarre, légèrement hallucinée, la terre ou grand fétiche, l'espace ou grand milieu, l'immensité ou grand