‹ M. Littré et le positivismeChapitre 32 sur 55 · Page · texte numérisé non relu

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accorde volontiers son patronage, l'honneur public de son nom et d'une préface à des livres ' tels que celui de M. Leblais, Matérialisme et Spiritualisme, où l'une des deux doctrines est fort maltraitée au profit de l'autre ; ce qui montre bien que la neutralité diplomatique des positivistes cache un traité secret d'alliance avec les adversaires du spiritualisme, qui est l'ennemi commun, et qu'il y aurait quelque naïveté à s'imaginer que, dans la grande mêlée des doctrines, leurs préférences ou leurs vœux soient équivoques. — Dans la préface qu'il a mise au-devant du livre de M. Leblais, M. Littré soutient que la pensée est à la substance nerveuse ce que la pesanteur est à la matière, c'est-à-dire un phénomène irréductible qui, dans l'état actuel de nos connaissances, est à soi-même sa propre explication. « De même que le physicien reconnaît que la matière pèse, le physiologiste constate que la substance nerveuse pense, sans que ni l'un ni l'autre aient la prétention d'expliquer pourquoi l'une pèse et pourquoi l'autre pense. » De pareilles propositions, assurément, ne seraient désavouées ni par

M. Moleschott, ni par M. Cari Vogt. Toutes les fois qu'il s'agit de l'âme, visiblement M. Litlré incline vers les doctrines du psychocliimisme. Il combat quelque part une proposition fort innocente de M. Cournot, disant « que l'homme n'a conçu l'âme que pour se rendre compte de sa propre nature, de ses facultés supérieures, de faits de conscience qui n'ont l ien de commun avec ceux que le physiologiste étudie scientifiquement. » — M. Littré proteste contre cette thèse d'un semi-spiritualisme qui l'inquiète : « En fait d'éludés psychiques^ je suis du côté des physiologistes, déclare-t-il, et non du côté des psychologistes. Je ferai toutes les concessions qu'on voudra sur les ténèbres qui enveloppent encore certains phénomènes psychiques ; mais il n'en est pas moins cerlain que tous les faits de conscience se passent dans le cerveau, qu'ils n'existent pas sans cerveau, qu'ils sont abolis quand le cerveau éprouve une lésion destructive, et que le cerveau appartient à la physiologie. Séparer l'organe et la fonction est aujourd'hui une impossibilité doctrinale^ » Je n'examine

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