SIÈGE DE LA VIRULENCE
Sur ce premier point, les auteurs sont loin d'être d'accord. Alors ciu'il est généralement admis aujourd'hui que le siège de la virulence réside dans les tissus des nerfs et du cerveau, fait qui a été établi par Duboué, de Pau (et non par M. Pasteur), les auteurs vétérinaires considèrent généralement la salive comme le seul véhicule du virus rabique.
« En défmitive, dit Bouley. ce qui ressort de tous les faits observés et de toutes les expériences qui ont été faites, c'est que la salive surtout est virulente, aussi bien dans les glandes qui la sécrètent que dans la cavité buccale : et même ces faits, comme ces expériences, semblent démontrer que c'est dans la salive exclusivement que résident les propriétés virulentes. Toutefois, rappelons-le bien, à l'égard de la deuxième partie de cette proposition il faut se tenir dans unecertaine réserve qui est commandée par les quelques cas où l'inoculation du sang est signalée par les expérimentateurs comme ayant donné lieu à des manifestations morbides d'ordre rabique (Gohier et Hertwig) ou s'en rapprochant (Eckel et Lafosse). » (1)
(1) Dictionnaire des sciences médicales, art. Rage.
En ce qui concerne la virulence, il est bon de rappeler que Rossi,de Turin, avait déjà affirmé, en. 1820, que les nerfs partageaient avec la salive la propriété de communiquer la rage.
Mais Bouley n'a jamais admis ce fait et se trouvait en désaccord complet avec les Pastoriens lorsqu'il disait « que ces faits doivent être considérés comme exceptionnels ». Chacun sait, en effet, que les inoculations se font à l'école normale non pas avec la salive de l'animal enragé, mais avec sa moelle.