‹ M. Pasteur et la rage, Exposé de la méthode Pasteur - fréquence de la rage - insuccès du nouveau traitement - la rage du chien et du loup - statistiques complètes, etcChapitre 27 sur 104 · OPINION DE M. COLIN · texte numérisé non relu

OPINION DE M. COLIN

Voici du reste comment s'exprime M. Colin, professeur à l'Ecole vétérinaire d'Alfort, sur les chiens qui ont mordu les inoculés de M. Pasteur dans la communication qu'il a faite à l'Académie de médecine, dans la séance du 9 novembre 1886. Nous reproduisons plus loin cette importante communication :

« Il me paraît impossible d'accepter sans examen les chiffres effrayants de la statistique de M. Pasteur. En un an, 3000 individus sont venus rue d'Ulm faire traiter leurs morsures d'animaux enragés. Ces 3,000 individus sont venus après avoir été mordus par des chiens, des loups, des chats et ont été traités, c'est certain ; mais que ces 3,000 individus, dont 1,700 Français, aient été mordus par des animaux enragés, c'est ce que je ne puis admettre.

Les éléments de cette statistique sont recueillis par des gens incompétents, ils ne sont pas contrôlés, ni même très souvent susceptibles de

contrôle. Voici un chien triste, qui sans motif s'échappe du logis, se jette sans provocation sur les passants. On le poursuit et on le tue. Celui-ci est à peu près certainement enragé. Mais voici un autre chienqui, dans la rue, est agacé ; il donne un coup de dents, on tombe sur le délinquant ; naturellement, il se défend d'un air féroce ; sa physionomie confirme les spectateurs dans l'idée que l'animal peut être enragé ; il est mis au même rang que l'autre. S'il se trouve un vétérinaire dans le voisinage, on songe à l'autopsie, mais elle est rarement faite ; si elle est faite elle ne peut donner qu'une présomption. Si l'on trouve un peu d«^, rougeur à la gorge, quelques brins de paille dans l'estomac, et il s'en trouve sur tous les chiens qui n'ont pas l'avantage de manger à table, on incline à déclarer l'animal enragé. On le fait encore parce que le chien a mordu et a paru furieux^ parce qu'on l'a tué, parce que dans le doute il est bon de prendre des précautions, de cautériser les individus, de surveiller les individus mordus, etc.

Pour ces cas, qui sont les plus fréquents, il n'y a pas de certitude ; cette certitude ne peut être acquise qu'au vu de l'animal vivant, malade et surtout mourant paralysé, quelques jours après les premiers symptômes rabiques. «

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