HOPITAUX DE PARIS
Statistique des
cas de mort par rage.
CD
o ce
o Néant
Total
Total
Mais 43 morts divisés par 11 années donnent une moyenne de 3.9 ; ou à peu près 4:moris par an, moyenne bien différente de celle de M. Pasteur (12 morts par an) et qui est identique à celle de 1886.
On remarquera qu'il n'y a eu aucun cas de mort dans les hôpitaux de Paris en 1875 ; qu'il n'y en a eu que deux en 1876 et 1880; qu'il n'y en a eu que trois en 1877, 1882 et 1884 ; que, par consé-
quent, s'il n'y avait eu aucun cas de mort dans ces 12 derniers mois, il n'en faudrait rien conclure en faveur de la méthode de M. Pasteur, puisque cela pourrait rentrer dans le cas de l'année 1875. Même raisonnement pour les années 1876 et 1880, 1877, 1882 et 1881.
On remarque encore que, sauf l'année 1881, où la mortalité dans les hôpitaux a atteint le chiffre 11, toutes les autres années présentent les chiffres nuls ou faibles de 0, 2, 3, 4. Or ce dernier chiffre est précisément celui de l'année où la méthode dite préventive a été pratiquée. C'est donc à peu près pour Paris comme s'il n'y avait eu rien de fait.
En somme, M. Pasteur a perdu 14 de ses inoculés morts de rage après ses inoculations :
1° Bonnenfant qui a été découvert par hasard à l'hôpital Lariboisière (et que M. Pasteur a oublié de citer), mort le 8 septembre 1885.
2" Dix qu'il veut bien reconnaître et qui sont : Lagut, Peytel, Clédière, Moulis, Astier, Videau, la femme Leduc (70 ans), Marins Bouvier (30 ans), Clerjot (30 ans), Magneron (Norbert) (18
3" Deux qu'il n'a pas le droit scientifique de
repousser et qui sont : Louise Pelletier (36 jours), et Moermann, 43 jours après leurs morsures.
4° Christin, qui a été découvert par hasard, près d'Evian (Haute-Savoie) (et que M. Pasteur a oublié de citer), mort le 17 juillet 1886.
C'est-à-dire que M. Pasteur a perdu un de ses inoculés en septembre 1885 et treize de ses inoculés de novembre 1885 à novembre 1886.
Ces 13 morts inoculés, joints aux 17 morts non inoculés, font bien 30 morts de rage en France depuis un an, en admettant qu'il n'y ait pas eu quelque autre mort de rage oublié par hasard.
Ainsi l'année 1886 a eu un nécrologe par la rage absolument semblable à la moyenne des vingttrois dernières années, laquelle est de 30 : on ne voit guère, après cela, ce que la France a gagné à la méthode Pasteur.
En résumé, il est inexact que, comme M. Pasteur nous l'a dit, il soit mort de rage dans les hôpitaux de Paris durant ces cinq dernières années 60 individus ; — il en est mort 26,
Il est inexact que, comme M. Pasteur nous l'a dit, la moyenne de la mort dans les hôpitaux de Paris, durant ces cinq dernières années, ait été de 12 ; — elle a été de 5.2 seulement.
Il est inexact que, comme M. Pasteur nous l'a
dit, il ne soit mort de rage dans les hôpitaux de Paris, durant ces 12 derniers mois (où la méthode a été appliquée), que 3 personnes ; — il en est mort 4. Or ce chiffre 4 est, comme je l'ai déjà dit. précisément intermédiaire entre 5.2, moyenne des cinq dernières années, et 3.9, moyenne des onze dernières années. De sorte que la mortalité par la rage, dans les hôpitaux de Paris, est restée absolument ce qu'elle était avant la médication pastorienne.
Il est inexact que, comme M. Pasteur nous l'a dit, il ne soit mort de rage que 10 de ses inoculés ; — il en est mort 14.
En résumé encore, M. Pasteur a donc involontairement grossi le chiffre des décès par rage dansées cinq dernières années et amoindri celui des cas de mort par rage dans les douze derniers mois, depuis lesquels on a pratiqué ses inoculations.
Il en résulte qu'il a involontairement faussé la statistique en indiquant 3 cas de mort (en réalité 4 cas pour ces douze derniers mois;. Aussi M. Pasteur a très inexactement opposé ces trois cas de mort (en réalité 4 cas) à une moyenne inexacte de 12 morts. Par conséquent, enfin, il y a eu autant de morts par rage, dans les hôpitaux de Paris, depuis les douze mois de l'inoculation pastorienne qu'avant cette inoculation.
On peut même dire que dans le cours de ces douze mois il est mort de rage dans les hôpitaux de Paris plus d'individus (puisqu'il en est mort 4) que dans le cours de certaines années où il n'est mort que 2 ou 3 individus ou même aucun.
On ne voit pas trop, après cela, le bénéflce de la nouvelle méthode.
Et peut-être trouvera-t-on étrange qu'une médication, annoncée avec un certain éclat, aboutisse à des résultats pareils et s'appuie sur des chiffres aussi peu exacts.