LE TRAITEMENT RATIONNEL DE LA RAGE MESURES PROPHYLACTIQUES
Nous dirons quelques mots dans ce chapitre du traitement de la rage tel qu'il était pratiqué avant l'avènement de M. Pasteur.
Nous avons combattu dès le début avec la plus grande énergie la nouvelle méthode inoculatrice non seulement parce que nous la considérions comme irrationnelle, puérile et inefficace, mais surtout parce que l'engouement dont elle était l'objet empêchait les malades et même les médecins d'appliquer immédiatement la seule prophylaxie vraiment utile, nous voulons parler de la cautérisation.
Avant les téméraires assertions de M. Pasteur et la triste condescendance de MM. Vulpian et Grancher, aussitôt qu'un individu était mordu par un chien suspect, le médecin, le pharmacien et même les personnes absolument étrangères à l'art deguérirs'empressaientde cautériser la plaie avec un fer rougi ou tout autre acide. Immédia-
tement pratiquée, la cautérisation avait pour but de détruire le virus morbide et d'empêcher son absorption par l'économie.
Mais, hélas ! l'engouement et la crédulité du public ont fait négliger cette partie importante du traitement depuis que l'agence Havas et tous les organes dévoués à la coterie pastorienne ont annoncé — avec M. Vulpian — qu'on avait découvert une méthode nouvelle qui guérissait a COUP SUR la rage.
On verra dans les tables de mortalité que nous reproduisons plus loin que la plupart des malheureux qui ont succombé avaient d'abord été dirigés sur le laboratoire de l'Ecole normale, SANS AVOIR ÉTÉ CAUTÉRISÉS. Ccttc précaution était inutile, puisqu'on obtenait la guérison a coup sur par la méthode nouvelle.
Je n'hésite pas à déclarer que si la mortalité par la rage a été sensiblement i^^ws élevée pen< clant Vannée 1886 que pendant les années précédentes, c'est à cette méthode néfaste qu'il faut attribuer cette triste nécrologie.