‹ M. Pasteur et la rage, Exposé de la méthode Pasteur - fréquence de la rage - insuccès du nouveau traitement - la rage du chien et du loup - statistiques complètes, etcChapitre 68 sur 104 · M. PASTEUR NE GUÉRIT PAS LA RAGE, - IL LA DONNE · texte numérisé non relu

M. PASTEUR NE GUÉRIT PAS LA RAGE, - IL LA DONNE

Les quelques remarques qui terminent le chapitre précédent ont dû faire frissonner les moins indifférents. Quelle était donc, en effet, cette nouvelle maladie étrange, dont les symptômes n'avaient figuré dans aucun Traité, maladie que discutaient les médecins lesplus expérimentés et qui survenait invariablement de vingt a trente-cinq. JOURS après les inoculations pastoriennes et qui déterminait la mort par paralysie, dans un délai de deux a six jours.

Ce n'était plus la rage avec ses symptômes convulsifs, mais une affection nouvelle qui présentait une analogie absolue avec la maladie que M. Pasteur faisait naître chez les lapins, par ses inoculations. C'était en un mot la rage du la.pin^ la rage paralytique, la rage de laboratoire.

Nous avions été les premiers à signaler les symptômes suspects, avec- toutes les réserves

que comporte un sujet aussi grave, dans le Journal de médecine de Paris.

Un médecin éminent de Londres, M. J. H. Clarlte^ avait déjà été frappé par les symptômes étranges observés chez deux malheureux Anglais traités à l'Ecole normale par les virus exaltés.

Voici la lettre que publiait le D^ Clarke, dans le Daily Telegraph., le 6 décembre 1886.

« La mort de ces deux jeunes gens (Goffi. à Londres, et Wilde, à Rotherham) survenue trois semaines après un traitement complet à l'École normale, constitue des faits qu'il importe d'examiner avec. la plus stricte attention. Dans le cas de Goffi, il y a eu une enquête, mais la mort n'a pu être expliquée par aucune autre maladie que la rage et les expériences qu'on nous a dit avoir été faites n'ont pas encore donné de résultat. Dans le cas de Wilde, il n'y a pas eu d'enquête, mais les renseignements qui m'ont été donnés par la mère, sont de telle nature que je considère comme mon devoir de médecin de leur donner la plus grande publicité.

On a prétendu que cet enfant avait succombé à une congestion pulmonaire : mais celte version intéressée ne peut être acceptée. Les symptômes présentent la plus grande analogie avec ceux observés sur Gofïi. La prostration intense, la para-

lysie générale de tous les organes, l'invasion foudroyante de la maladie et la rapidité de la mort, tous les symptômes présentent une identité presque absolue avec ceux que M. Pasteur a décrits et observés sur les animaux qu'il a inoculés et qu'on désigne sous le nom deparalysie rabique. Pour moi, IL ME SEMBLE ÉviD.iNT que CCS clcux ùiclwidusont succombé à la suite des dix-neuf inoculations de virusexaltés qu'ils ont subies à Paris. La mère d'une des victimes, madame Wilde, m'a autorisé h faire connaître ces faits, afm que les autres individus, mordus légèrement par des animaux, puissent se soustraire aux obsessions dont ils sont l'objet et éviter le sort malheureux de son enfant. Pour moi, j'ai la conviction que lejeuneWilde n'a pas succombé à la rage, qui ne lui pas été inoculée par un chien, mais qu'il est mort delà paralysie rabique qui lui avait été inoculée par un des aides de M. Pasteur au laboratoire de l'Ecole normale. J. H. Clarke.

Mais le docteur Clarke était étranger, et les médecins, aveuglés par une sorte de chauvinisnisme, considéraient ses appréciations comme dictées par l'envie et la jalousie.

Mais les décès à la suite du traitement Pastorien devenaient déplus en plus nombreux. Chaque jour, le hasard faisait découvrir un nouveau cadavre.

C'est alors que M. le Professeur Peter, qui avait gardé le silence depuis l'annonce pompeuse de la prétendue découverte pastorienne, s'est décidé à parler.

Dans une première séance (4 janvier 1886), M Peter communique à l'Académie l'observation deRéveillac, mort de la rage paralytique, à la suite du traitement Pastorien.

Ce fait ayant été contesté par les Pastorien, M. Peter recueillit de nouveaux faits qu'il communiqua à ses collègues.

Je supplie mes lecteurs de lire avec attention cette communication. S'ils ne sont pas prévenus et en proie à l'esprit qui a malheureusement divisé le corps médical, ils diront :

M. Pasteur ne guérit pas la rage, il la donne.

Voici comment s'est exprimé le professeur Peter, à laséance du 11 janvier 1887.

Messieurs,

J'ai considéré la médication antirabique de M. Pasteur, telle qu'il l'avait formulée d'abord, comme inefficace et, pendant une année entière, j'ai gardé le silence.

Depuis deux mois, elle me paraît devenir périlleuse sous sa/orme intensive^ je considère comme un devoir de parler :

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