QUESTIONS DE QUANTITE ET DE POIDS
Mais il omet de nous dire quelle quantité de moelle il place dans son bouillon. Il ne pèse pas sa moelle et ne se rend nullement compte de la proportion dans laquelle elle se trouve associée au bouillon. En un mot la question de poids et de quantité lui paraît négligeable.
Quand nous employons les alcaloïdes tels que la morphine, la strychnine et autres poisons cent fois moins redoutables que les prétendus virus pastoriens. nous les pesons scrupuleusement et nous tenons, avant de les faire ingérer à nos semblables, à savoir dans quelles proportions ils se trouvent associés au véhicule.
Mais M. Pasteur n'a pas jugé cette précaution nécessaire. Il découpe deux oq trois petits morceaux de moelle et les met dans son bouillon. Quant à la dessiccation, elle se fait également par à peu près sans tenir compte de l'état hygrométrique de l'air et des autres circonstances.
Et voilà la méthodequ'on nous donne comme le type de la précision scientifique !
4*^ TEMPS. — INOCULA.TION A l'hOMME.
Arrivons maintenant au point délicat : l'inoculation à l'homme. -— Voici comment on procède :
Sur une table du laboratoire sont rangées dix fioles dans l'ordre de leur activité. Pourquoi dix seulement, puisque nous savons qu'on en avait préparé quatorze ? C'est que M. Pasteur a pensé que les quatre moelles les plus récentes, ne pouvaient être utilisées, à cause de leur trop grande
virulence. Quant au nombre dix, il représente la durée de la cure, qui est en moyenne de dix jours, à une injection par jour.
Mais pourquoi dix, en effet, au lieu de sept, de douze ou de quatorze. M. Pasteur lui-même n'en sait rien. Il va par à peu près comme les empiriques. Nous verrons du reste plus loin que la méthode a été souvent modifiée selon que les individus étaient Français ou Russes, qu'ils avaient été mordus par des chiens ou des loups, etc., etc. (1).
Voici, d'après un témoin oculaire, la scène qui se passe tous les jours au laboratoire :
« M. Pasteur, debout devant la porte d'entrée, fait l'appel des « mordus », qui viennent se faire inoculer. Ils sont divisés en dix séries, autant par conséquent qu'il y a de fioles.
C'est la première série qui commence le défilé. Celle-ci se compose des nouveaux arrivants qui, appartenant pour la plupart aux nationalités les plus diverses, sont venus pour se soumettre au traitement. Ils passent tous devant M. Pasteur,
(1) Nous reproduirons plus loin les variations de la MÉTHODE. Depuis les nombreux de'cès survenus après son traitement et souvent à cause de son traitement, l'illustre ehimiste a modifié la méthode dans sa totalité.
lequel adresse à chacun une bonne ■parole^ puis se dirigent vers l'inoculateur, afin de recevoir l'injection préservatrice.»