‹ M. Pasteur et la rage, Exposé de la méthode Pasteur - fréquence de la rage - insuccès du nouveau traitement - la rage du chien et du loup - statistiques complètes, etcChapitre 8 sur 104 · ROLE DU PROFESSEUR GBANCHER · texte numérisé non relu

ROLE DU PROFESSEUR GBANCHER

La seringue est tenue par un professeur de la Faculté de Paris, M. Grancher, qui injecte délicatement le virus moelleux dans l'abdomen des enragés.

On se demande pourquoi c'est un professeur de la Faculté de médecine qui fait les injections sous-cutanées, alors que le plus modeste externe des hôpitaux ferait aussi bien cette besogne.

On a pensé sans doute qu'il fallait un peu de solennité et il s'est trouvé un professeur qui ne dédaignait pas de s'associer à la publicité et à la réclame dont on entourait la méthode. Mais cela est sans importance. Continuons la technique pastorienne.

« Quand toute la première série a été inoculée, elle se retire, puis on passe 1 la seconde, puis à la troisième, et ainsi de suite, jusqu'à ce que toutes les dix aient reçu l'injection graduée, augmentant chaque jour d'un degré la force de la liqueur.

Chaque injection est l'affaire de quelques secondes, car on procède absolument comme pour

les piqûres de morphine. La seule sensation perçue est celle de cette piqûre. Il ne survient non plus, ni le même jour, ni les jours suivants, la moindre irritation locale de la peau, ^

IL DOIT y AVOIR DES ERREURS.

Mais au milieu de ces centaines d'individus qui se présentent, il est impossible de conserver un ordre parfait ; supposez qu'une personne qui fait partie des premières séries, par conséquent des injections les plus faibles, se trouve en retard, et, ne voulant pas s'être déplacée en vain, se glisse parmi celles qui appartiennent aux dernières séries. Comme son organisme n'aura pas été préparé par des injections suffisamment graduées, elle recevra, non plus le préservatif de la rage, mais la rage elle-même, car le virus qu'on lui inoculera est plus terrible que la bave du chien hydrophobe.

Cela a dû arriver quelquefois, et les inoculés ne s'en sont pas plus mal portés. Je n'hésiterais pas, pour ma part, à me laisser inoculer le bouillon n° 10 et même le n° 14 et j'ai la conviction absolue que je ne prendrais pas la plus petite rage.

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