ILS SONT MORTS DE LA IIAGE EXPERIMENTALE
En résumé, lesquatre observations de Rouyer, de Réveillac, de Sodini et de Née ont entre elles d'incontestables traits de par enté, début deV a.ïlection le quarante-sixième jour (Rouyer) : le 37" jour (Réveillac), le 39^ jour (Sodini), le 38e jour (Née) ; — durée de l'affection : 4 jours (Rouyer), 4 jours (Réveillac), 3 jours (Sodini), 7 jours (Née) ; enfm, nature nerveuse de l'affection avec prédominance des phénomènes paralytiques.
Or, il est impossible de nepas rappeler ici, que c'est aux alentours du 40^ jour que se développe ordinairement la rage classique, qu'elle dure de trois à cinq jours ; que ses symptômes sont d'ordre nerveux mais convulsifs etnon paralytiques.
Or ce sont maintenant des accidents paralytiques que l'on observe après les inoculations intensives dans l'énorme proportion de ^z(«^re/o?s sur cinq cas (Rouyer, Réveillac, Sodini, Née), les accidents convulsifs de la rage classique
n'ayant été observés qu'une fois sur cinq (Jansen).
Je ne veux pas insister davantage et j'ai résolu de la sorte la seconde et la troisième partie du problème que je m'étais posé : Comment est mort Réveillac ? De quoi est-il mort?
Concluez !
LA MÉTHODE CONTRÔLÉE PAR l'eXPÉRIMENTATION.
Nous venons de voir les résultats pratiques de la méthode ; voyons maintenant ce qu'apprend, à ce sujet, le contrôle de V expérimentation (1).
Je ne vous aurais pas parlé de von Frisch, craignant qu'on ne m'accusât d'aller chercher des armes à l'étranger ; mais puisqu'on a invoqué ici son autorité, je puis bien le faire à mon tour. Et, comme on n'a cité von Frisch que pour celles de ses expériences qui sont confirmatives de celles de M. Pasteur, et qu'on a omis de citer celles qui sont contradictoires de celles de M. Pasteur, laissez-moi combler cette lacune.
Voici ce que dit von Frisch : (or, il faut que vous sachiez que von Frisch est professeur de bactériologie à Vienne, qu'il était venu à Paris, en partisan de M. Pasteur, qu'il s'est instruit sur
(1) Nous avons déjà reproduit, dans le chapitre VIII, les expériences du savant Viennois avec quelques commentaires. (Voyez p. 131).
lesujetqui nous occupe, dans le laboratoire delà rue d'Ulm, et qu'il a fait ses expériences avec du virus de lapin emporté par lui de ce laboratoire) ; donc voici ce que dit von Frisch :
A. Des animaux aiiquels on a injecté sous la peau une série de vaccins atténués (par un dessèchement plus ou moins long), sont rendus réfractaires par les vaccins plus faibles à l'action des vaccins plus forts, à la condition que les virus renforcés graduellement ne se suivent pas trop rapidement.
B. Des animaux auxquels on a introduit sous la peau pendant 10 jours des vaccins d'une virulence toujours croissante (de la moelle de quinze jours jusqu'à celle d'un jour), ne sont pas restés complètement réfractaires à l'infection avec du virus frais de la rage des rues et ont échappé très exceptionnellement à l'action de l'infection intra-crânienne.
C. Des lapins et des chiens, infectés après trépanation par la voie intra-crànienne avec du virus de la rage des rues (d'une période d'incubation de 16 jours), ont succombés&ns exception à la rage, malgré le traitement préventif institué de la manière ci-dessus mentionnée.
Z). M. Pasteur a attribué à la méthode de vaccination lente les résultats obtenus par M. von Frisch, et a recommandé un procédé plus rapide : « La vac- « cination doit commencer peu de temps après l'i- « noculation, dès le lendemain, et l'on doit y procé- « der rapidement, donner la série des moelles préser- « vatrices en 24 heures et même dans un délai moin -
« dre, puis répéter, de 2 en 2 heures, le traitement 0 une ou deux fois. » Les expériences exécutées con/orméjnent à ces indications n'ont donné aucun résultat favorable, tous les ani^lvux sont morts de