‹ M. Pasteur et la rage, Exposé de la méthode Pasteur - fréquence de la rage - insuccès du nouveau traitement - la rage du chien et du loup - statistiques complètes, etcChapitre 94 sur 104 · VI, — LE CHOLÉRA DBS POULES · texte numérisé non relu

VI, — LE CHOLÉRA DBS POULES

D'après M. Pasteur, ce choléra est produit par un microbe, auquel on peut opposer un vaccin atténué.

Malheureusement, ces inoculations produisent, comme toujours, les effets les plus bizarres, et mettent la plupart du temps en défaut les prophéties qu'aime à faire M. Pasteur. Mais, sur mille expériences, il su^t qu'une seule réussisse, pour qu'il ait raison (sic).

Pratiquement, les inoculations faites aux volailles restent inutiles, ou deviennent nuisibles.

Le mieux est de ne pas les pratiquer et d'attendre qu'on ait trouvé le véritable remède à ce mal assez désastreux.

Tout récemment une épidémie de choléra sévissait sur les basses-cours de Nancy ; après s'être localisée dans le quartier de l'avenue delà Garenne, elle s'est

étendue sur différents points de la ville. Un habitant a perdu 120 poules ; un propriétaire de la même avenue en a perdu 60, Enfin, un troisième, demeurant rue du faubourg Sainte-Catherine, a perdu en un jour 13 poules atteintes de la même maladie.

Quelques inoculations pastoriennes, pratiquées suivant toutes les règles de l'art, n'ont pas enrayé la mortaUté (1)

VII. — LES TRAVAUX SUR LE ROUGET DU PORC. — TOUJOURS LE MICROBE ET LE VACCIN.

Rien de plus instructif à cet égard que le Rapport de M. le baron de Serres de Monteil sur l'immunité des porcs ayant reçu le vaccin contre la maladie du rouget.

Voici ce document, lu devant la Société d'Agriculture de Vaucluse, et inséré dans son Bulletin (janvier 1885).

« Messieurs, le vaccin du rouget est dû, vous le savez, aux savantes recherches de l'illustre chimiste M-. Pasteur, qui s'est proposé de communiquer aux porcs une maladie anodine pour les préserver, pendant plusieurs années, du mal rouge qui décime les porcheries presque tous les étés, au grand préjudice des éleveurs de plusieurs contrées.

(1) Ces détails sont empruntés à un très intéressant travail de M. Paul Combes, intitulé: Les Douze travaux de Pasteur, Paris, Librairie universelle, 41, rue de Seine.

« Le porc une fois vacciné, nous assure-t-on, acquiert l'immunité et peut impunément être rais en contact avec ses congénères morts ou mourants du rouget, manger même de leur cliair sans prendre la maladie.

« C'est pour bien constater cette précieuse propriété du vaccin que notre zélé collègue, M. Maucuer, médecin-vétérinaire à Bollène, nous invita, dans le courant de novembre dernier (1884,) à nommer une commission qui pût constater la vérité de ce fait, après avoir assisté à l'inoculation du microbe du rouget à des porcs déjà vaccinés.

« La commission fut nommée et ses membres, MM. de Balincourt, Soumille, Laugier et moi, nous nous rendîmes le 29 novembre à Mondragon, où rendezvous nous avait été donné dans une des fermes de M. Coste. M. Maucuernous y attendait ; il avait reçu de M. Pasteur du virus virulent qui, inoculé à un porc non vacciné, devait lui communiquer la maladie du mal rouge, dont il mourrait dans les 48 heures, tandis quïl ne produirait aucun effet sur un porc déjà vacciné.

« Cette épreuve réussissant, elle devait être très concluante en faveur du vaccin préventif,

« Sur six porcs âgés de six mois, de race commune, à soie longue, ayant été déjà vaccinés, le U et le 16 juin, M. Maucuer nous en fit choisir trois, auxquels il inocula devant nous, M. Coste et ses fermiers, le virus virulent, contenu dans une petite bouteille que lui avait envoyée M. Pasteur. — Cette opération terminée, trois autres porcs de la même

race, ceux-ci non vaccinés et âgés de 40 jours seulement, furent également inoculés avec le même virus qui devait, en 24 heures environ, produire sur eux un rouget suivi de mort.

« Ici, Messieurs, j"ai le regret de vous dire que nous avons tous été déçus clans notre attente. Tous les sujets, vaccinés et non vaccinés, ont également résisté à l'inoculation du microbe et se portent parfaitement.

8 Hâtons-nous de croire que le vaccin expédié par M. Pasteur devait être éveuté ou détérioré par toute autre cause. Ce fut donc partie à refaire.

« A un second appel de M. Maucuer, le 29 décembre, votre commission s'est de nouveau rendue à Mondragon pour procéder à une nouvelle expérience d'inoculation. La même opération, avec du virus nouveau,/) réparé exprès et envoyé encore par M. Pasteur, a été recommencée sous nos yeux, d'abord aux trois porcs vaccinés, les mêmes qui avaient été inoculés le 20 novembre devant la commission ; ensuite à trois nouveaux sujets âgés de deux mois environ, l'un blanc et noir, et les autres noirs, tous trois de la race commune du pays.

« Une lettre que nous avons reçue hier (5 janvier 1882) de M. Maucuer, nous dit que cette dernière opération n'a pas mieux réussi que la première, he?, porcs inoculés se sont montrés réfrac taires au microbe et se portent à merveille.

« M. Maucuer attribue cet échec à l'affaiblissement du virus, causé par un trop long séjour dans le vase qui le contenait. Cette opinion peut être admise, puis-

qu'il est notoire que dans les essais de vaccination qui furent laits kHoWhBO, parMM. Pasteur et Thuillier, en 1882, nombre de porcs moururent du rouget communiqué par la simple inoculation du vaccin (préventif) , Donc le virus virulent employé à Mondragon, par M. Maucuer, aurait dû au moins jeter une perturbation dans la santé des trois porcs non vaccinés. S'il n'a produit aucun effet, on peut en conclure qu'il était certainement altéré ou mal préparé.

« Toutefois, votre commission, Messieurs, n'étant pas suffisamment éclairée sur l'immunité des porcs vaccinés, s'en tient à conseiller la prudence aux éleveurs. — Le président de la commission, baron DE Serres de Monteil. »

On ne saurait être, en effet, trop prudent dans le maniement de virus qui tuent lorsqu'ils sont ^réyentifs et deviennent inoffensifs lorsqu'ils devraient être virulents.

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