‹ M. Pasteur et la rage, Exposé de la méthode Pasteur - fréquence de la rage - insuccès du nouveau traitement - la rage du chien et du loup - statistiques complètes, etcChapitre 95 sur 104 · VIII.'— LES TRAVAUX SUR LES VERS A SOIE · texte numérisé non relu

VIII.'— LES TRAVAUX SUR LES VERS A SOIE

Le cliché sans contredit le plus répandu est le suivant : M. Pasteur a rendu la fortune aux départements du midi en leur indiquant le moyen de guérir les maladies des vers à soie.

Or c'est là une des assertions les plus fausses qui aient jamais été produites.

Malgré M. Pasteur les départements du midi sont ruinés et n'ont plus de vers à soie. Voilà le fait.

Un des sériciculteurs les plus expérimentés, M. de ]\Iasquard, de Nîmes, a depuis longtemps démontré c[ue le grainage des vers, à soie proposé par M. Pasteur n'a aucune influence sur cette industrie.

Le grainage des vers au microscope vulgarisé depuis longtemps par d'Arbabitier Ozimo, Cantoni, Joly, de Plagniol,Cornalia, qui avaient eu la bonne foi d'en reconnaître plus ou moins l'impuissance ; repjris par M. Pasteur, à grands renforts de réclames, a achevé la ruine de la sériciculture.

En effet, la production française qui était autrefois de 30 millions de kilogrammes de cocons, s'était abaissée à 17 ou 18 millions vers 1865, époque où l'illustre chimiste qui n'y entendait rien fut envoyé pour guérir les vers à soie malades. Naturellement, sous son influence, comme le dit le savant séricicologiste docteur Luppi, de Lyon, l'art séricicole fut bouleversé, anéanti et la production s'abaissa peu à peu à 3 ou 4 millions de kilog. de cocons.

Ces résultats déplorables que les statistiques officielles et officieuses ne purent parvenir à cacher entièrement, n'empêchèrent pas ce bon Jules Simon, ministre de l'instruction publique, de s'écrier devant les Sociétés savantes réunies àla Sorbonne : « M. « Pasteur a fait gagner des millions aux agriculteurs ; 5) nos vers à soie étaient malades ; grâce à lui, leur » santé est aujourd'hui si florissante que la Chine et » le Japon viennent se pourvoir de graines en Fran- » ce ».

Ce fut grâce à cette monstrueuse erreur (système Pasteur) que P. Bert obtint pour le prétendu sauveur

de vers à soie une première récompense nationale de 12 mille francs de rente.

D'après M. Pasteur, la maladie était produite par un microbe que le microscope permettait de déceler.

En choisissant, par un examen microscopique attentif, les graines saines, c'est-à-dire ne présentant pas de corpuscules, on devait obtenir des vers sains et des récoltes superbes.

M. Pasteur concluait : « Je suis maître de la maladie, je puis la donner et la prévenir quand je veux. » (Rapport au Ministre.)

Ces affirmations créèrent l'industrie des graines microscopisées système Pasteur. Tous ceux qui en vendirent, à haut prix, firent fortune. Tous ceux qui en usèrent, continuèrent à voir leurs vers devenir malades, et leurs récoltes péricliter.

Au début de la maladie (vers 1850), la France produisait annuellement environ 30,000,000 de kilogrammes de cocons. En 1866-67, la production s'était abaissée à 15,000,000 de kilogrammes. « Depuis lors, dit M. deMasquard, sous l'influence du remède préventif , valant mieux à beaucoup d'égards qu'un remède crtraîft/ (Pasteur, lettre au Ministre, du 29 décembre 1873), la production continuant sa marche descendante, est arrivée à 8,000,000 de kilogrammes en 1873. » (E. de Masquard, Le Congrès séricicole international de Montpellier et les doctrines de ses principaux: membres^ librairie agricole, 1875). , Depuis lors, dit M. Combe, à qui nous emprun-

tons plusieurs documents importants (1), les récoltes ont diminué constamment et n'ont plus donné que l à 2,000,000 de kilogrammes de cocons dans ces dernières années.

Voilà commentM.Fasteur a sauvé la sériciculture !

La réputation qu'il conserve encore à cet égard, auprès des ignorants et des savants à vue courte, lui a été faite 1° par lui-même, à coups d'affirmations inexactes; 2° par les marchands de graines microscopisées, système Pasteur, qui ont réalisé de gros bénéfices aux dépens des éleveurs ; 3» par la complicité des académies et des pouvoirs publics, qui, sans examen, répondent aux plaintes des sériciculteurs : « Mais la sériciculture est sauvée !... Employez donc le système Pasteur ! » Mais, tout le monde n'est pas disposé employer un système qui consiste à s'enrichir en ruinant les autres.

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