LE* VIRUS ATTÉNUÉS OU VACCINS
^ sans changement. C'était donc bien un véritable •vaccin. Quelques vete'rinaires et quelques fermiers, à l'annonce de cette découverte, s^adres- s^.^, ^ sfrentOI. Pasteur pour lui demander du vaccin ^ cdn treTa m a 1 a d i e si désastreuse des basses-cours. I Des essais furent tentés, et tous réussirent on ne peut mieux. Pour conserver ce vaccin, on le
- •• •* m II I 11» 11» -— -li IIM.i.
met â Tabri du contact de Pair, on enferme ses cultures dans des tubes à extrémités scellées à la flamme du chalumeau.
.Avant le moment oia Ton arrive à cette atté-
nuation de la virulence, à cet intervalle de temps
volontairement placé entre deux cultures succès- w«^^»'<
^^ sives de ce microbe du choléra, de cet intervalle
qui fait Fatténuation et les vaccins, que se passe-
t-il donc? Quel est le secret de cette influence?
K Eh bien ! Tagent qui intervient n'est autre que
W l'oxygène de Tair. La preuve^^^a voici. Si Ton
; pratique la culture de ce microbe^dans un tube
contenant très peu d'air, et si Ton ferme ensuite
ce tube à la flamme de la lampe, le microbe, par
son développement et sa vie, tprend prompte-
..«^ nfent tout Toxygène libre contenu dans le tube
I ■ - ^ I f-^ Il lin an I. " " .
et Toxygène dissousdans le nqi^de. Placé ainsi complètement à Tabridu contact de Toxygène, le microbe, durant des, mois et quelquefois même
294 HISTOII^ d'un SAVa'^T. . ,-
A ' durant des années,^ uq s^atténuera pas sensiblc- ^
' ^ >: 44if^MU 1^ L'oxygène de Fair apparaît donc comme la
tion de la virulence ^u^ microbe. ^ ^
Mais comment expliquer alors la non-influence de l'oxygène de Tair dans les cultures successives A quand on les pratique toutes les vingt-quatre
heures ? Il n'y a qu'une explication possible, dans la pensée de M. Pasteur, c'est que Toxygène de Tair est dans ce dernier cas uniquement employé à la vie du microbe. Une culture a une durée de quelques jours; après vingt-quatre heures, elle n'est pas terminée. L'air qui vient à son contact «U est donc employé tout entier à nourrir et à faire pulluler le microbe. L'air n'agit plus ensuite, ^^^ durant ces longs mtervalles de culture, que . ♦ ^ %^ comme un modificateur, et il arrive un moment ^ ' ; ' où la virulence s'aft'aiblit au point de devenir nulle.
On constate alors ce fait bien extraordinaire que la virulence peut arriver à ce degré
e nullité, avant qu'il y ait mort du microbe. «^^
Les cultures offrent le spectacle d'un micrbtc
indéfiniment cultivable, incapable d'un autre
coté de vivre dans le corps des gallinacés, et
LES VIRUS ATTENUES OU VACCINS. 295
qui est par conséquent dépourvu de virulence. Ne peut-on pas comparer ce microbe, domestiqué, comme l'appelait un jour M. Bouley, à ces — -. ^^ microbes inoffensifs, comme il y en a tant x^^ — ^ dans la nature ? Nos microbes communs ne ^é^^^feîz]^^ seraient-ils pas des microbes déchus de viru ^^ ytf1|§^ lences antérieures ? xMais ces microbes moffensifs -»-^-îf ne pourraient-ils pas devenir infectieux dans des ,-— s»=i cfrcôn stances particulières : Et s'il y a moins de
maladies virulentes aujourdliui que dans les ^4»
temps passés, le nombre de ces maladies ne ----» <=-~~^ pourrait-il pas s^accroître de nouveau ?
« Les interrogations se multiplient, tant les faits y^
relatifs à ce premier fait d'atténuation d'un virus ^
suggèrent d'inductions, éveillent d'idées et jettent « ^
de clartés nouvelles sur un problème d'une telle
obscurité jusqu'à ces dernières années. On croyait jo
autrefois que les virus étaient des entités m or- ^
bides. Un virus étaitjjn. Cette opinion a encore^ ---^
des défenseurs déclarés. Dans la pensée de
M. Pasteur, un virus a des degrés de virulence :.-— ^-__z)
il peut aller de la virulence nulle à la virulence «^ -* .«.^., —
"maximum. Modifiant à volonté le virus du cho- >^ ^
léra des poules, M. Pasteur inocule, par exemple, -, ^ ►
a^aes poules un virus trop peu atténue pour ^ ^ -
qu'elles soient à l'abri du virus mortel, mais qui — •
An
•fc- ^ — — est cependant d'une efficacité assez grande pour
3?^^*^^.\. les pre'munir contre les atteintes d"'un virus plus
^ ,^ fort que le virus primitif. Le second virus les
. yt^ \ préservera des atteintes d'un troisième virus, et
y!j>y^/ ^.^iK^ 'de virus en virus elles finissent par être garan-
y>'*y^Kyi$S ties contre la virulence la plus mortelle, c'est-à-
çl^^y^/^^ dire contre le virus à virulence maximum con-
W* r\ ^ ^^^' Toute la question du vaccin se réduit à
^^^^^^^ ^* savoir à quel moment tel degré de virus est une
K^A^t^fi garantiede protection contre le virus mortel.
fs\^^^ ( Il semble qu^il se passe entre la variole et la
' vaccine humaine des faits de même ordre. Il est
probable que l'on est rarement vacciné contre la
variole de façon à pouvoir résister à un virus
varioleux très intense. Aussi, dans les épidémies
^__ de variole, beaucoup de personnes vaccinées
/Sont-elles atteintes, et atteintes parfois d'une
variole mortelle.
O:? Au sujet de la pratique de la vaccination des
poules contre le choléra qui leur est propre, — ce qui, certes, n'a pas Fimportance matérielle Cfe:;:.^.— — de la pratique de la vaccine humaine, mais ce qui, scientifiquement, est un fait capital, — on peut espérer, quelles que soient les diiîérences de réceptivité des races ou des individus" d'une même race, trouver les vaccins qui leur con-