LES VIRUS ATTÉNUÉS OU VACCINS
viennent, si Ton a soin surtout de recourir à l^emploi de deux vaccins successifs, d'inégale — t>%\'t: puissance, mis en usage après dix ou quinze jours / ^\x d'intervalle. Le premier vaccin peut toujours ^jg^h ê être choisi d'une assez grande faiblesse pour ne^»^^^|^V^ tuer aucun des sujets, et avoir cependant une assez grande force pour que le second vaccin, qui serait en partie mortel s'il était employé ^jr ^^ d'emblée, ne puisse amener d'accidents et qu'il *- - ^ puisse vacciner contre le virus le plus virulent. • Quant à la préparation des vaccins et à leur force appropriée de virulence, il faut, pour s'en rendre compte, tenter des essais sur un certain nombre de poules, au risque même d'en sacrifier quelques-unes dans les épreuves préalables. En dehors de ces questions de manipulation, reste une question scientifique. Gomment peut-on concevoir les effets de la vaccmation? Que se ■t-il? Quelle exphca.tion donner à ce faij jnaladie bénigne peutpreserver d^une^ ^maladie plus grave et la plupart du temps mor- •glle .^ M. Pasteur a cherché longtemps la solution d'un tel problème. Sans se flatter d'avoir dénoué ^ (S / la difficulté, il a cependant amassé des faits qui ^
permettent, au milieu de ces mystères de la physiologie, de faire une hypothèse satisfaisante
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pour r esprit. M. Pasteur croit que le vaccin, en
t-tei^*^ se cultivant dans le corps de ranimai, enlève
^^^jf aux globules du sang, par exemple, certains prin-
i#^jgjj>^tipcs matériels que la vie met longtemps à
^fîfcw- -rendre à l'économie. et dont le virus morteLou
/- des virus de plus grande virulence que le jpre-
j^^^^^ mier virus-vaccin ne pourraient se passer pour
^"^^^0^ vivre. Ainsi s'expliquerait Timpossibilité d'ac-
\gmiéA^ tion de ces vir u s pr o,^re^siis et du virus mortel.
^ y\ ^^^ Lorsque M. Pasteur rendit compte à l'Aca-
/^T' * demie des sciences de faits si importants et si
1^ imprévus, il y eut, au premier moment, quelques
doutes. Ce ne fut pas sans un peu de surprise que
on entendit, appliqué au choléra des poules, ce
mot de vaccination, exclusivement reserve jus--
qu'alors à la de'couverte de Jenner. Ce fut au
Congrès médical international, qui se tint à
^ À((^f Londres au mois d'août 1881, que M. Pasteur,
^ ' ^ — devant trois mille médecins venus de toutes
les parties du monde et qui Tacclamèrent avec
un enthousiasme qui retombait en gloire sur la
France, — justifia le nom qu'il avait donné à
ses expériences prophylactiques.
ce J'ai prêté, disait-il, à l'expression de vaccination une extension que la science, je l'espère, consacrera comme un homma;re au mente et
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aux immenses services rendus par un des plus
grands hommes de l'Angleterre, Jenner. » ___ Et pourtant, tout en rendant hommage au sentiment qui porta M. Pasteur à s'effacer derrière Jenner, on a le droit, si Ton envisage les choses au point de vue de la science théorique, de dire qu'il n'y a aucune assimilation à faire entre les deux de'couvertcs. Si grande que soit la découverte de Jenner, elle n'est qu'une observation de hasard, sans fécondité ultérieure. Aussi, depuis un siècle, la médecine n'a-t-elle pu en déduire autre chose que son application même qui en est toute l'expression. « La vaccine..., c'est la vaccine, » était obligé de dire un contradicteur que M. Pasteur poursuivait vigoureusement. Le contradicteur ne trouvait pas ■ d'autre réponse' et^il ne pouvait pa*s en trouver d'autre. Le coiv-'pox(t'sx une maladie propre aune race animale. L'homme ne peut que l'observer; il ne la provoque pas. Supprimez le coiv-pox et la nuit se fait aussitôt pour la vaccination. Dans la découverte française, au contraire, c'est le virus ^ mortel lui-même qui sert de point de départ au
accm. P'est 1^ main de rhomme qui fj^it le; vac-^ cin^etce vaccin peut être prépare par un artifice -^
3e laboratoire, de manière à suffire à tous iex ^'l h ^ •
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^.. Vj'^o HISTOIRE d'un SAVANT.
besoins. Quel avenir ne se présente pas à l'esprit, quand on songe que le virus et ses c>s.^Zl4^ vaccins sont une espèce vivante et que dans ^ cette espèce il y a' toutes sortes de variétés
susceptibles d'être fixées par des cultures arti- /%^ ficielles? Jenner avait fait une rencontre de génie, mais M. Pasteur a trouvé une méthode de
< 0*^ /^ « Ce n'est là qu'un commencement, disait , ^^^y^i^^l' Bouley, le jour où ces faits avaient été an- •^^^^^^^^oncés à l'Académie des sciences. Une doctrine .^jL/^ nouvelle s'ouvre pour la médecine, et cette doc- ^^]]^^^^^trine m'apparaît puissante et lumineuse. Un f*^"^'^ gP^nd avenir se prépare: je Tattends avec la confiance d^un croyant et le zèle d'un enthou-