VI
Acte IL La Cour. Les Tuileries. Les craintes, les hésitations et les ignorances du Roi, de sa famille, des courtisans. — Acte II L Chez Théroigne même, rue de Tournon. Elle engage les plus grands parmi les révolutionnaires à s'unir pour diriger l'émeute. Les timidités, les atermoiements, les audaces, les folies héroïques, les défiances de ces hommes sont peints en quelques phrases, parfois d'un trait. — Acte IV. La terrasse des Feuillants. Louis XVI et sa famille gagnent l'Assemblée nationale. Les suisses tirent sur la foule. Elle les massacre malgré les efforts de Théroigne. Celle-ci pour sauver ses amis et se venger elle-même fait égorger l'agent royaliste Suleau. — Acte V. Les excès de la Convention. Théroigne adjure Sièyes et Danton de les combattre. Sièyes se dérobe. Danton ne veut pas oublier ses griefs particuliers. La foule, égarée par les démagogues, s'empare de Théroigne et lui inflige un supplice honteux. — Acte VI. L'Empire s'est fondé. Théroigne est à la Salpétrière. Sièyes désire s'entretenir avec elle. Théroigne ne le reconnaît pas, mais dans une hallucination dramatique elle évoque les gloires même sanglantes de la Révolution et flétrit la prudence de Sièyes.
Il faut lire, au premier acte, l'entretien de Théroigne avec l'Empereur ; au cinquième, l'entretien de Théroigne avec Sieyès et Danton et le songe de Théroigne; au sixième son hallucination. Au deuxième acte, la Cour ; au troisième, la conjuration chez Théroigne ; aux quatrième et cinquième, la foule et l'émeute composent aussi des tableaux pleins de force et de mouvement. Enfin quelques détails sont au moins piquants. A la fin du quatrième acte, Bonaparte, encore simple capitaine, paraît. Il ne s'est pas battu et il dit : « Je n'imagine pas qu'on puisse jamais entasser tant de cadavres les uns sur les autres ! (i) » Marat, au cinquième acte, sauve Théroigne par ses paroles : « On doit mettre les femmes en dehors de nos querelles politiques... Rapportez-vous-en à l'Ami du peuple quand il pardonne à la faiblesse d'un sexe inofïensif (2) » L'autre mérite de ces tableaux et de ces détails est qu'ils sont historiques. M. Hervieu a même fait paraître une édition de Théroigne avec notes justificatives. Une sorte de solidité matérielle s'est ainsi ajoutée à la puissance des analyses et de la composition. Il est vrai que cet aspect histo-