‹ M. Paul Hervieu, son œurvre dramatiqueChapitre 5 sur 7 · III · texte numérisé non relu

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(4) Ibid.

râbles scènes qui terminent la pièce ne font que commenter magnifiquement ces sentiments. Peut-être aussi la licence régnante au château de M"^^ Orlania ne doit-elle d'abord que les mettre en valeur. Enfin la coupable, l'amante, ne crie-t-elle pas « l'abjection » (i) de sa situation et ne veut-elle pas n'être point confondue avec une femme simplement légère : « Ce qui s'était emparé de moi, c'est de l'amour...! J'aimais ton mari! » (2) Et le mari, s'il a été imprévoyant, n'a pu concevoir un instant que sa femme souffrirait (3).

Une émotion nouvelle sort donc de ces pièces. Dans les précédentes le spectateur était surtout remué par le choc des volontés particulières contre les forces sociales ou par le déroulement fatal et indifférent de lois universelles. C'était déjà très pathétique, mais un peu extérieur. Maintenant c'est la volonté humaine qui se prend elle-même à partie, non pour se subordonner égoïstement l'univers ou pour courir malgré tout à la défaite, mais pour se conformer à un ordre général. Ce suicide partiel et intérieur est le spectacle le plus beau, le plus douloureux, le plus émouvant. Telle est, précisément, l'impression que laissent les situations typiques du Réveil, de Connais-toi et de Bagatelle. Le désarroi de Thérèse de Mégée a quelque chose d'horrible et le dramaturge a bien raison de la faire se pâmer dans la rue : mais les paroles du « réveil » sonnent comme un chant de résurrection. Les résistances de Clarisse sont, dans les termes mesurés par lesquels elles s'expriment, absolument douloureuses. Florence de Raon est le plus beau, le plus noble, le plus intéressant type de femme et les dernières scènes de Bagatelle sont les plus idéales et les plus humaines que M. Hervieu ait créées jusqu'à présent.

Le sujet du Réveil est celui-ci. Une femme, Thérèse de Mégée, après une longue résistance va compromettre le bonheur de sa fille et même la quitter ainsi que son mari pour suivre un séducteur. Un incident la persuade que celui-ci est mort. Elle croit d'abord ellemême en mourir. Elle se rattache ensuite aux êtres qui la chérissent et elle comprend la vanité de l'amour. Son amant qui reparaît éprouve pour des raisons analogues les mêmes sentiments. La com-

(2) ni, 6.

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