CHAPITRE PREMIER
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qu'elle ne parAt.
S'il est un pays où l'entreprise de M. Renan devait réussir, c'est assurément T Allemagne. Cet écrivain se proposait de raconter la vie de Jésus en se plaçant sur les sommets de la critique historique et de l'exégèse. L'amour-propre des Allemands allait être flatté de voir le corps savant le plus illustre de la France s'engager, par Tinitialive de M. Renan , derrière les professeurs de leurs universités, dans les voies encore obscures de l'exégèse qu'ils ont créée. M. Renan adoptait leurs principes d'herméneutique et applaudissait à leurs travaux ; on pouvait espérer qu'il allait donner à leurs études une publicité et un éclat dont elles ont été jusqu'ici privées. On supposait que le voyageur de Syrie, qui s'est montré si discret à l'endroit de ses découvertes, les avait en partie réservées pour aider à la fortune de son livre. L'orientaliste ne voudrait-il pas enfin puiser dans les trésors peu connus de sa science? Le philosophe assurément allait tenter de dire le dernier mot sur le fondateur du christianisme.
M. Renan, libre penseur, s'affranchirait du joug de Rome, l'effroi du monde protestant ; il allait, en le châtiant d'une main vigoureuse, faire crier miséricorde à l'ultramontanisme aux abois.
La curiosité littéraire toute seule préparait un beau triomphe à l'écrivain français. Elle est si avide dans les universités, chez les professeurs, les hommes de lettres, les étudiants de Tubingue, de Gœttingue, de Marbourg et d'Heidelberg ! L'horizon circonscrit de ces
M. RENAN