SCÈNE VII
Mad. DE MARCILLY^ seule , et après un moment de silence.
C'est vrai ! mais lui dire pourquoi! jamais il
ne le saura , ni lui, ni personne... c'est déjà trop que je le sache moi-même. ( elle s assied sur le fauteuil qui est auprès de la psjché)k. quinze ans, on croit à un éternel printemps; on croit qu'on ne doit jamais cesser d'être fraîche et jolie... jusqu'au moment où la première ride vient vous apprendre qu'il est possible de vieillir., eh bien!., ( regardant si elle est seule ^ et à voix basse ) je l'ai vue... et les autres la verront bientôt... les femmes surtout. ( elle se Ihi^e. )
Air : Muses des bois.
Jusqu'à présent je sais bien qu'on l'ignore, Et qu'à trente ans , il reste de beaux jours ; Je sais fort bien que je puis voir encore Autour de moi voltiger les amours :
U^àjo-Mf fuiront^ si j'en crois ce témoin; Car lorsque tombe une première feuille, Ah ! c'est l'automne , et l'hiver n'est pas loin.
Oui , je ne serai plus cette jeune veuve , l'objet des hommages^ des adorations... Et si je marie ma fille, ce sera bien pis... je ne serai plus que la mère de Mad. de iSt. -Félix,., une maman dans toute la force du terme... Si le bonheur d'Eugénie en dépendait , je n'hésiterais pas ; mais une enfant qui ne sait pas encore ce qu'elle désire... c'est même une imprudence de la marier si jeune ! mais puisqu 'ils le veulent tous . tâchons de me raisonner un pu... Ecoutons ce jeune homme, pourvu qu'il ne m'appelle pas ma belle-mère j le voici, allons...