‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 156 sur 233 · SCÈNE VÏI · texte numérisé non relu

SCÈNE VÏI

ALPHONSE, DUGOUDRAL

ALPHONSE^ au fond.

Qu'on ne se dérange pas ; j'attendrai tant qu'on voudra... je ne suis pas fâché de me remetire un peu j car c'est un enfantillage dont je ne puis me rendre compte... l'aspect

seul de cette maison m'a causé une émotion ici, me

disais-je^ habite ma compagne... mon amie,, celle à qui je vais devoir une nouvelle existence... {se retournant et saluant Ducoudrod qui s'est retiré pour l'obsery^er à Vêcart) pardon, monsieur, de ne pas vous avoir aperçu... je désirais parler à M. Dumesnil,

DucoûDRAi, le regardant, ïl va paraître^ monsieur... et je suis chargé de le représenter momentanément.

ALPHONSE

Monsieur est un de ses parens ?

DucouDRAi , de même.

Mieux que cela, monsieur... je suis un ami... nn ami intime delà famille... et de plus le parrain de la jeune personne.

ALPHONSE, a part.

Je vois que le parrain de la jeune personne est dans la contideiice, rien qu'à la manière dont il me regarde.

DU COUDRAI, h part.

ils ont beau dire... je ne lui trouve rien de merveilleux., ça rentre dans la catégorie ordinaire des prétendus .. Fair gauche... et les gants blancs.

ALPHONSE

C'est bien indiscret k moi de me présenter de si bonne heure; mais h la campagne... et surtout en ma qualité de voisin, j'ai pensé... que je pouvais... {à part) a]i! ça, l'ami intime ne m'aide pas du tout... il devrait sentir cependant que mon entrée est assez embarrassante.

DÙCOUDRAI.

Monsieur, à ce qu'il paraît, habite les environs.

ALPHONSE

Oui ^ monsieur.

DrcouDRAi.

Il n'y a donc pas long-temps j car moî^ qui connais tout le monde...

j€ suis arrivé depuis huit jours de Paris... où j'kâbiie six *nois de l'année.

DUCOUDRAI.

Fort bien..... 'j'é vôis que monsieur a maison à la Viillfe*.. maison à la campagne... ce qui suppose une foritihe... fort agréable.

ALPHONSE

Mais... oui, monsieur.

DUCOUDRAI.

Je pense qu'elle est également solide.

ALPHONSE

Mais, monsieur... (à part) ils ont du prendre d'avance leurs informations... et Ton ne fait pas ainsi subir un interrogatoire détaillé... (haut) il parait que monsieur Dumesïi'û est sorti... mais madame est peut-être visible?

DUCOUDPtAI.

Non, monsieur... ils sont tous deux, ici à leur toilette.

ALPHONSE

A leur toilette!., de la toilette pour moi... (à part) des gens que Ton m'avait dit sans façon... {haut) suis fâché qu'un pareil motif retarde le plaisir que j'aurais à les voir; car on m'en a dit tant de bien dans le pays... on m'a parlé surtout de monsieur Dumesnii, comme d'un parfait honnête homme.

DUCOUDRAI.

Et Ton a eu raison... (à part) il ne faut pas que ma mauvaise humeur m'empêche de servir mes amis, (haut) Voilà quarante ans que je le connais... et c'est un homme d'honneur; esclave de ses devoirs et de sa parole, à la- <^uelle rien au monde ne le ferait manquer,., du reste, bon époux, bon père, adorant ses enfans et surtout sa fille, qui a été élevée comme chez madame Campan... c'est moi qui suis son parrain; et vous pouvez m'en croire.

AiPt 1 amour qu'Edmond a su me taire.

On lui donna, dès sa plus tendre enfance.

Des principes purs... excellens; On lui donna la grâce, la décence.

On lui donna l'esprit et les talens ; On lui donna l'horreur de la toilette... ALPHONSE, à pnrt, et impatienté.

Ma foi, puisqu'on était en train^ On aurait dû, pour la rendre parfaite^ Lui donner un autre parrain.

DUCOUDE.Ai.

Et certainement, celui qui Taura pour femme ne sera pas h plaindre.

La Demoiselle, 2

alphoisse^ à part.

Comme c'est adroit de venir, tout (ié suite, me jeler cela à la tête... j'arrivais ici dans les meilleures dispositions... et depuis qu'il m'a fait l'éloge de la famille, me voilà prévenu contre elle.,. Au reste, je Vais en juger par moiTmême... Les voici.

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