‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 212 sur 233 · EDITH, GEORGES · texte numérisé non relu

EDITH, GEORGES

EDITH, le ^voyant.

Quoi ! Monsieur , c'est vous ? ne vous montrez pas , je vous en prie 5 on a découvert que vous étiez caché ici. GEORGES, riant.

En vérité?

EDITH , étonnée et le regardant.

Lord Derby votre oncle a été mandé cbez le scîiérilF.

GEORGES , riant aux éclats.

Ah ! ah î c'est délicieux !

EDITH

Ehl mais, qu'est-ce qu'il a donc?

GEORGES

Je savais bien que je l'empêcherais de vous emmener.

EDITH

De m'emmener ?

GEORGES

Eh î oui ; la déclaration faite au schérifF est de mon invention ; c'est une ruse de guerre.

EDITH , confondue.

Comment , ce n'est pas vous que l'on cherche ?

GEORGES

Du tout; je ne suis pour rien dans ce duel, vous

sentez bien qo© j'ai saisi le premier prétexte Tenu,

Ah ! mon Dieu ! (à part, ) Suis-je assez malheureuse !

GEORGES

Qu'avez- vous donc?

EDITH

Quoi î Monsieur, sérieusement, vous n'êtes pas coupable ?

GEORGES

Nullement.

EDITH , ai^ec dépit.

Allez , c'est bien mal à vous... nous tromper I moi qui avais si bonne opinion de votre caractère, qui croyais qu'avec une physionomie si douce... fiez -vous donc aux apparences.

GEORGES, étourdi.

Comment , Mademoiselle , je ne me serais jamais douté que pour mériter votre estime il fallût être brouillé avec la justice, et d'après l'intérêt que vous m'aviez témoigné...

EDITH

De l'intérêt! moi. Monsieur? Vous vous êtes trompé : c'était bon quand je vous croyais compromis dans une mauvaise affaire: maintenant cela ne m'est plus permis, et votre oncle s'opposerait...

GEORGES , avec dépit.

Encore mon oncle !.. Allons , je le vois, c'est en vain que je me suis flatté de l'emporter sur lui, de vous soustraire à un esclavage que vous chérissez : absent ou présent, lord Derby vous subjugue toujours j c'est votre guide, votre oracle.

EDITH, avec dépit.

Oui, Monsieur.

GEORGES , de même.

Sans doute aussi, pour vous offrir ma fortune et ma main il faudra que j'aille lui demander son consentement?

EDlTtî.

Non; fhaîntenant c'est inutile... je sais d'avance qu'il le refuserait.

GEORGES j vipement.

Mais quel est donc ce pouvoir que je ne puis comprendre? Quels sont ses droits sur vous?

EDITH , avec embarras.

Ses droits? je ne puis vous les dire, mais...

GEORGES, 'vivement.

Et moi je les devine, Maderhoiselle ! vous l'aimez.

EDITH

Je l'aime? {vivement,) om^ Monsieur , je l'aime pins que je ne peux lé dire; depuis quelques instans surtout, |e sens que ma tendresse a doublé pour lui, et jaitiaiâ personne ne le remplacera dans mon cœur.

GEORGES , hors de lui.

Ah ! c'en est trop ! tant d'aveuglement me désespère!... mais ne croyez pas que je vous abandonne à cette erreur fatale.

EDITH

Monsieur...

Edith, je vous en conjure ; les momens sont précieux^ consentez à me suivre.

EDITH , effrayée.

Vous suivre!

GEORGES , se jetant à ses pieds.

Je vous le demande à genoux : il y va de votre salut : par intérêt pour vous, par pitié pour moi-même, fuyez loin de ces lieux ; c'est à moi de vous mettre à l'abii des dangers.,.

SCÈPÎE VIII.

LES MÊMES, XM^W^ ^entrant brusquement jzctrle fond^

DËRBY , à son neveu qui se lève vivement, Eti bien! eh bien! quelle imprudence!., te montrer dans un moment comme celui-ci !

EDITH, à Derhy.

Alil Monsieur, croyez... i^Derhy lui impose silence de la main, )

GEORGES, avec embarras.

Mon oncle... vous voilà déjà revenu ?

DERBY, froidement.

Oui... tout est fini... tu es libre...

GEORGES

Libre?

EDllH.

Comment?

J'ai eu d'autant moins de peine à te disculper, qu'en arrivant cliez le scliériff, j'y ai trouvé le véritable coupable.

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