XIV INTRODUCTION
secondant l'autre, tenaient les citoyens sous Tinflexibilité de mesures que l'inimitié colorait de prudence militaire pour s'appliquer à les rendre dures ou vexatoires, et où les autorités françaises tolérées en face d'eux usaient à peu près en vain leur dévouement ou leur adresse à essayer de les interpréter ou de les fléchir*. Ces victorieux s'étaient étonnés de nous trouver si sensibles. Ils avaient tenu registre des traitements subis par leur nation à l'époque napoléonienne et estimaient doux, en comparaison, ceux qu'ils imposaient. Depuis l'époque napoléonienne, cependant, il y avait soixante ans, et, entre nations civilisées, plus que ce temps pour les mœurs de la guerre!
Douze mois de négociations quotidiennes s'étaient écoulés à éteindre ou à calmer les incidents trop de fois aigus de cette situation malheureuse, c'est-à-dire à la ramener à une sorte d'état convenu et régulier; il en faudrait presque autant encore pour qu'elle cessât tout à fait. Des souvenirs personnels conservés de Nancy, des communications aussi dont je ne saurais témoigner assez de gratitude, me mettent en situation de retracer telle qu'elle eut lieu, sur les documents mêmes, l'œuvre libératrice du gouvernement de M. Thiers. Si l'on vient à trouver que je l'ai fait sous l'impression encore vivante de l'assentiment donné presque avec admiration, par la grande majorité de
l. Il y a des relations de ces premiers moments : Lacroix, Journal d'un habitant de Nanci/^ allant jusqu'au 15 mars 1871; Mézières, Récits de Vinva^ion en Alsace et en Lorraine \ Conseil M(j:kicipâl de Nancy, Délibérations de juillet 1870 à avril 187L