INTRODUCTION XIII
Combien peu de Français d'au delà de la Seine ou du Rhône sont allés, entre Tété de 1871 et celui de 1873, dans ces départements de l'Est qu'occupaient les soldats de rAl'emagne! Même lorsqu'un état de choses relativement sortable pour les habitants y eut été obtenu, on ne se laissait pas attirer vers ces contrées où l'ennemi était en pied : il eût semblé qu'on ne se trouvait plus en France. Cette situation moins douloureuse ne se vit guère qu'après le milieu de l'année 1872. Ce n'était pas moins le cœur serré que l'on approchait du pays tenu en gage. Aux abords des villes, les officiers de l'Empereur Guillaume emplissaient les voitures, et quelle soutïrance de trouver partout cet ennemi nous gardant en maître! L'armée occupante, longtemps une troupe qui a triomphé et entend le faire sentir, était rentrée dans la correction, et il semblait que l'on ressentît d'autant plus le chagrin de sa présence. On étudiait des conventions pour sa retraite définitive : l'impatience n'en devenait que plus vive, ne rendait que plus ému de voir aux mains des régiments allemands ces belles capitales lorraines, resplendissantes de l'art français du siècle dernier et où son élégance outrée imprimait comme davantage l'esprit et le parfum de la France. Toutes les mémoires débordaient des traitements qui avaient été éprouvés, tous les entretiens portaient sur les moments où un commissaire civil allemand et un général allemand, l'un