‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 104 sur 128 · M. de Rémusat à Saint- Vallier (particulière), 5 mars · texte numérisé non relu

M. de Rémusat à Saint- Vallier (particulière), 5 mars

<i Roi, mandait le plénipotentiaire, a tenu à ce qui (( regarde Belfort à cause des bruits courant à Fétrana ger sur les difficultés intérieures auxquelles le (( gouvernement français pourrait se trouver exposé ce après l'évacuation des quatre départements de TEst. (( C'est en vue de ces difficultés, de ces secousses (( éventuelles, qu'on avait voulu conserver un gage « effectif jusqu'à l'entier achèvement du payement. (( Quant à lui, prince de Bismarck, il n'avait pas cherché a à combattre sur ce point les vues de Sa Majesté parce a qu'il est obligé de se préoccuper de la prochaine réu- (( nion du Reichstag. Il serait certain d'y être l'objet (( d'attaques violentes s'il annonçait l'évacuation totale (( du sol français avant l'entier achèvement des payece ments, tandis qu'il mettrait fin aux critiques les plus « malveillantes en faisant connaître qu'un gage de la (( valeur de Belfort resterait aux mains de l'Allemagne a jusqu'à l'acquittement complet de la dette de la (( France. » L'idée, répandue pendant toute une année par les adversaires du gouvernement à Versailles, et si positivement avouée un jour à M. de Saint-Vallier par le comte d'Arnim, que la présence des Allemands nous préservait seule de la révolution, gardait ainsi son empire de l'autre côté du Rhin. Le plénipotentiaire n'avait pas eu copie de cette lettre, mais il en avait lu tout ce qui n'y était pas confidentiel au général. Et l'intention du chancelier était bien qu'il connût même cela, car il prenait soin d'expliquer au long qu'il ce ne se serait pas décidé sans regret à apporter cette restriction à son acceptation des propositions de M. Thiers, mais qu'il s'y était vu contraint par l'état de défiance subsistant dans l'opinion publique allemande et parmi les membres du Reichstag contre les dispositions de la

France y>. Du reste, il disait en termes explicites qu'il s'agissait d'une oc mesure de sûreté tout à fait provisoire et momentanée », et de nouveau il insistait sur a l'absence de toute arrière-pensée au sujet de Belfort ». De l'avis de M. de Manteuffel, le cabinet de Berlin ne reviendrait pas sur cette résolution. A ses yeux elle n'était « ni nécessaire ni politique » et il la regrettait; mais il ne cachait pas, étant sans doute instruit parce qu'il n'avait pas laissé lire, que c'était (c la condition sine gua non de l'évacuation anticipée »; M. de Bismarck trouvait dans cette condition ce un moyen de se concilier un grand nombre de membres du Reichstag, dont il avait besoin pour sa politique intérieure * ».

Le chancelier commençait à être impatient de la fm. Il le manifestait déjà au général. Mais la presse de Paris et celle de l'étranger répandirent en ce moment dans toute l'Europe le bruit que M. Thiers était gravement malade. L'horizon changea subitement pour vingt-quatre heures. Le gouvernement impérial traitait avec la France sous M. Thiers, mais pas sous d'autres mains. M. de Bismarck écrit qu'il a ik des renseignements particuliers alarmants sur la santé du Président », qu'il en est très inquiet, qu'il faut ralentir la négociation jusqu'à ce que l'on soit rassuré sur une indisposition qui menacerait d'être un commencement d'affaiblissement, et que M. de Manteuffel doit se tenir « prêt à concentrer ses troupes, car si cette maladie s'aggravait des désordres surgiraient, peut-être le triomphe momentané de Gambetta et des révolutionnaires ». M. de Saint- Vallier, prévenant le Président de ces avis, lui demande quelques lignes de

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