‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 105 sur 128 · Sainl-Vallier à M. de Rémusat (particulière), 5 mars · texte numérisé non relu

Sainl-Vallier à M. de Rémusat (particulière), 5 mars

caractère tout personnel, qui, télégraphiées à Berlin, rétabliraient les choses. Gela se passait le 8 mars. Le 9 dès le matin, M. Thiers répondait non seulement de telle manière qu'il ne pourrait plus subsister de craintes à son sujet; mais de plus il ajoutait une nouvelle politique à l'effet utile de laquelle ce qui avait été tant de fois mandé lui donnait raison de croire. Nous nous trouvions en plein second acte de la pièce commencée entre la droite de l'Assemblée nationale et le président de la République. A celui-ci s'imposait le rôle écrasant d'en suivre et d'en conduire les péripéties, à dépenser pourtant les journées à s'expliquer avec les « Trente » et, à la fois, à préparer et prononcer à la tribune les plus solides discours politiques qu'assemblée républicaine ait entendus, les plus habiles aussi et les plus éloquents qu'il ait jamais faits. Le rideau venait d'être baissé sur ce second acte d'une manière qui semblait heureuse; le Président envoyait donc à M. de Saint- Vallier ce télégramme tout spontané et propre à éteindre les doutes : « Mon cher M. de « Saint- Vallier, je réponds moi-même et par le téléce graphe à votre bonne et amicale sollicitude. Dites à ce mon excellent ami le général de Manteuffel que je (( me porte bien; qu'à la vérité j'ai essuyé un refroidiscc sèment qui s'est converti en crampes d'estomac fort « douloureuses, que la secousse a produit une fatigue (( de deux jours presque disparue ce matin, que j'ai « fait hier une bonne promenade, que j'en ferai une (( semblable aujourd'hui et que je serai cette semaine ce aussi bien portant que jamais. Ajoutez que nous avons (( fini avec une majorité de 500 voix notre interminable ce discussion. Tenez tout cela pour la vérité la plus ce pure, remerciez bien M. de Manteuffel de ses bontés

(( pour moi et pour notre pays, et croyez à ma sincère ce amitié. A. Thiers *. »

Dans le manque de temps où l'on se trouvait, c'est M. de Rémusat qui donnait les détails. De même qu'il avait répondu pour le gouvernement à M. de Saint- Vallier le 4 mars, il lui écrit le 10 relativement à l'issue qui vient de se produire, à la santé dont on se préoccupait, aux pourparlers continués avec le comte d'Arnim. Les 500 voix de majorité produisaient une illusion complète quant à l'issue du futur troisième acte, et il fallait que ce ne fût pas sans fondement puisque, politique expérimenté et judicieux comme il l'était, il la partageait sans réserve, oc Les arrangements « conclus avec la Chambre, mandait-il, ont produit à « peu près tous leurs fruits. La proposition qui nous a donnera les moyens d'organiser d'une manière plus (( forte et plus complète le gouvernement de M. Thiers (( passera finalement. S'il s'est rencontré et se ren- (ï contre encore des difficultés de détail, elles ne (( viendront pas de nous et il n'y a qu'une voix pour (( rendre hommage à l'esprit de conciliation que le ce Président a montré dans toute cette affaire. » Le plénipotentiaire n'aurait pu se voir plus efficacement muni que par ces informations, pour faire dissiper par M. de Manteuffel les inquiétudes si souvent manifestées à Berlin sur la durée du régime. Il en était de même relativement à la solidité physique du Président : ce Je ne vous parle pas de sa santé. Ceux (( qui comme moi l'ont vu tous les jours n'en ont ce conçu aucune inquiétude. Il a été et il est encore ce enrhumé, ou si vous voulez, grippé. Les médecins-

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