‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 115 sur 128 · mars · texte numérisé non relu

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justifiée ses relations avec nous suffisait d'ailleurs pour dicter au Président, nullement ébranlé à son égard, le télégramme qui suit, où pourraient prendre exemple les politiques qui seraient appelés un jour à conduire leur pays à travers des circonstances néfastes, en pleine liberté des passions de partis et en toute licence de leur mauvaise foi : a Mon cher Mon- « sieur de Saint-Vallier, je viens de recevoir votre « lettre du 29 et je me hâte d'y répondre quoique fort a occupé comme toujours. Dites bien au général de « Manteuffel que je ne crois jamais au récit des jource naux, pas plus allemands que français ou anglais. « Ces récits sont faits de calomnies, d'ignorance, de « puérilité, et je ne m'en affecte jamais. L'âme serait « une mer sans cesse agitée, cédant à tout vent, si on « se laissait affecter par eux. Le premier progrès à « faire quand on gouverne, c'est d'acquérir l'insensicc bilité aux journaux, sans quoi on n'aurait ni sangce froid, ni courage, ni justice surtout. On prendrait ce en défiance ses amis les meilleurs, se»auxiliaires les (( plus indispensables, et on rendrait ennemis tous ce ceux dont on aurait la faiblesse de se défier. Quant à « moi j'ai toujours tenu M. de Manteuffel pour un ce ami sûr, auquel nous devons très positivement ce l'amélioration qui depuis deux ans s'est successivece ment produite dans les sentiments du Roi de Prusse a Empereur d'Allemagne. Dites-lui bien que mes sence timents pour lui n'ont pas varié et ne varieront pas. ce Quant aux incidents de la dernière négociation, les ce expliquer tous serait impossible et peu utile. Le ce résultat est tout, or le résultat est excellent et je n'ai ce que de la reconnaissance pour tous ceux qui s'en ce sont mêlés utilement à Berlin, à Nancy, à Paris même.

DU d5 MARS AU 24 MAI 379

a — Priez M. de Manteuffel de nous continuer ses bons a offices pendant la fin de l'occupation et dites-lui que je «c ne désespère pas d'avoir sa visite au moment où il quit. « tera Nancy, et sa présence chez moi. Tout le monde « ici sera à la joie de l'évacuation, et il ne trouvera oc pas trace d'amertume. Averti par moi des services ce qu'il a rendus, tout le monde ici lui fera l'accueil «c qu'il a mérité. Donnez-lui de ma part une bonne « poignée de main, et recevez-en une pour vous-même, a dont je n'oublierai pas la participation à nos bonnes « œuvres. — Recevezmessincèresamitiés. A. TmERS'.D Le traité du 15 mars rendait en quelque sorte le pays à lui-même sous une garnison momentanément étrangère. Celle-ci entendait bien toujours se prémunir contre les atteintes par des pénalités sévères; mais dans la contrée où elle se trouvait établie elle serait délibérément respectueuse envers cette résurrection de la vie régulière. Pour les hommes publics de l'époque de M. Thiers, le mode de revision du contingent annuel de l'armée par un conseil formé des autorités administrative et militaire supérieures, était une des manifestations essentielles de l'ordre politique. Depuis 1871, ce mode avait été, pour le territoire occupé, forcément remplacé par une procédure aux chefs-lieux, silencieuse, sans extérieur afin de prévenir les conflits, attristante par la renonciation obligée au mouvement qui, d'habitude, marquait les jours pareils pour la population jeune. Dans les conditions où nous plaçait désormais le traité, le Président estima qu'immédiatement il fallait reprendre pour ainsi dire possession des départements séquestrés, en y prescrivant les opérations de la revi-

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