‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 123 sur 128 · Notamment le Français du 30 juillet · texte numérisé non relu

Notamment le Français du 30 juillet

Émoi trop réellement motivé; il ne suffisait pas de Tassoupir, il fallait Téteindre. Sans cela, une aigreur qui nous aurait replacés 30us l'inimitié d'autrefois serait jetée sur le temps d'occupation à traverser encore. Les facultés de persuasion qui avaient si bien servi M. de Saint-Vallier avec les Allemands, il dut les déployer vis-à-vis des Français au milieu desquels il vivait depuis près de deux ans et qu'il avait maintes fois sauvegardés. Le maire, rentré à Nancy, déclina par une réponse publique l'offre inconsidérée qui lui avait été faite. Ce refus transporta l'acuité de l'incident entre le signataire de la lettre et le magistrat municipal. La personne du général se trouvant dès lors dégagée, les sentiments de M. de Manteuffel effacèrent tout peu après.

Du reste, à mesure qu'approchait le jour de la libération, nombre d'incidents de détail avaient surgi. L'un notamment concerna le général lui-même et aurait pu, aussi, motiver des dispositions rigoureuses. Le général rentrait de promenade; dans un faubourg de la ville, le cheval qu'il montait fut touché par le fouet d'un conducteur de diligence et il semblait que ce n'était pas sans intention. De là une émotion extrême, naturellement partagée par ceux à qui appartenait le mandat d'obvier aux conséquences. Toutefois, au sujet de ces faits de la dernière heure, M. de Manteuffel n'avait de propension qu'à y voir l'effet d'un entraînement excusable. « Vous me faites faire tout ce que vous voulez », répondait-il aux interventions qui le sollicitaient. Devant les démarches dont il était témoin de la part de l'autorité française pour établir les culpabilités, l'apaisement se faisait chez lui *. En deux fois

Page 1