‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 126 sur 128 · Jd., 5 et 10 septembre · texte numérisé non relu

Jd., 5 et 10 septembre

dernier soldat, faisait tout pour en hâter l'heure. La commémoration des campagnes d*oii était né le nouvel Empire n'ayant pas été le signal de l'évacuation , il cherchait pour nous une autre et dernière preuve du prix que personnellement il y aurait attaché. Revenu à Verdun, il avait aussitôt avisé à n'avoir pas besoin du délai d'exécution de quinze jours assuré par le traité, ou à ne se servir de ce délai que le moins possible. D'avance il avait prié le chancelier de lui faire donner par l'Empereur l'autorisation d'expédier sans attendre les services accessoires, le matériel encombrant, puis de quitter définitivement avec le reste dès que lui parviendrait, de la chancellerie fédérale, l'avis officiel que les pesage et comptage des sommes par nous versées et les règlements définifs étaient effectués. L'unique condition mise par M. de Bismarck était qu'il ne laissât derrière lui rien d'inachevé. Le chancelier voulait essentiellement, que «c nulle contestation ne pût (( surgir après, soit d'un côté soit de l'autre jd. C'est à Strasbourg que pouvaient se produire les lenteurs. Là aboutissaient tous les comptes. La commission mixte à qui appartenait leur apurement, à qui revenait la charge de déterminer en dernier ressort la balance des chiffres entre les deux pays, le doit et avoir définitif, ne s'était pas montrée moins difficultueuse que ne l'avait été, au début des payements, la commission de comptage allemande. Le chancelier se disait impatient (( des minuties » et de « l'étroitesse » où elle se complaisait, trouvait qu'on y discutait sur « des vétilles », en demandait la terminaison. Il écrivait, toutefois : « il faut que ce soit fini pour que les (( conditions de la paix soient remplies ». Gomme certains des groupes à qui était dû l'avènement du nou-

veau gouvernement français donnaient en ce moment à celui-ci, par de bruyantes démonstrations, l'apparence trop marquée de propensions ecclésiastiques, 1^ général laissait M. de Saint- Vallier penser que, sans avoir conçu au fond d'intentions agressives, le ministre trouvait bon de gêner ce gouvernement par un peu d'exigence et de le tenir en inquiétude *.

C'était affaire entre le plénipotentiaire français et le général, d'aviser à ce que les retards ne vinssent d'eux dans aucun des objets dépendant de leur entente ou de leur commune prévoyance. Grâces à obtenir, comptes à terminer et à faire partir pour Strasbourg, solde des réclamations de communes, tout cela avait été journellement traité entre eux pendant le séjour à Verdun; tout cela fut rapidement fini. Le chapitre des communes eût encore exigé du temps : M. de Manteuffel l'abrégea soudain en le portant en bloc au compte de l'occupation. Deux millions par lui prélevés sur la caisse de l'armée et versés à notre recette des Finances, répondraient des règlements actuellement achevés et laisseraient de quoi satisfaire à ceux qui restaient pendants, ces derniers acceptés d'ailleurs dorénavant comme dette française. D'autre part M. de Saint- Vallier s'était évertué à obtenir des administrations ministérielles qu'elles ne fissent pas attendre leurs dossiers à la commission de Strasbourg. Lé 7 septembre arrivait de Paris l'avis télégraphique que notre payement définitif était accepté et le protocole de la commission mixte clos par les signatures. De Berlin venait en même temps l'information semblable et l'autorisation d'évacuer : une semaine à présent suffirait.

Page 1