‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 13 sur 128 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Le ppemier moment.

Dispositions existant à Berlin envers la France ; l'Empereur Guillaume; M. de Bismarck. —Le général de ManteulTel, commandant supérieur de l'occupation. — Le comte de Saint- Vallier, plénipotentiaire français au quartier général.

Jusqu'au mois de juin 1871, le gouvernement institué à Bordeaux après les préliminaires de Versailles se trouva en présence de Tennemi dans ses dernières positions. La formation du corps allemand destiné à tenir en gage une partie de la France modifia alors Tétat des choses. Le quartier général de Toccupation prit Tapparence d'une légation armée, les rapports avec lui devinrent ceux d'une négociation incessante.

L'Empereur Guillaume, en quittant ses troupes pour rentrer à Berlin, avait remis ses pouvoirs de chef victorieux à l'un de ses officiers supérieurs, le général de Fabrice. Le caractère de celui-ci le rendait propre

à les exercer avec une équité que la rudesse ne dominerait plus seule. Ce n'étaient pas moins des pouvoirs militaires. Avec ce délégué qui représentait encore uniquement Tétat de guerre, il avait fallu débattre les conventions complémentaires ou interprétatives des préliminaires de paix. L'administration intérieure des départements restés aux mains du vainqueur, la fixation par le détail de Teffectif d'occupation, les chiffres de son entretien, on avait dû négocier tout cela avec lui *; de même les incidents survenus entre habitants et soldats, ceux, non les moins dangereux, qu'avait fait naître ensuite le soulèvement de la Commune à Paris. Mais six semaines après que le peu de troupes qui avait pu être reformé eut repris la capitale de la France sur l'insurrection communaliste, l'ennemi organisa une occupation plus réduite, destinée à se réduire encore à mesure des versements de la contribution de guerre. A la tête de cette occupation un commandant supérieur fut placé.

Lorsque les archives de cette époque seront ouvertes elles laisseront obscur plus d'un détail. Beaucoup, en effet, n'eurent pas lieu d'y figurer. Mais tous empruntaient de l'importance au milieu et aux circonstances où ils se produisaient; à cause de cela, un très grand nombre a passé sous les yeux du chef du gouvernement. C'était le gouvernement d'un Président du Conseil, même quand celui-ci eut reçu le titre de Président de la République; un Président momentanément inamovible, parlant à l'Assemblée, en reflétant les oscillations dans la formation de ses cabinets, toutefois discutant avec elle la politique en même

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