‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 2 sur 128 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

propre, et de cette dernière, par retentissement, dans une certaine mesure celle du vainqueur lui-même.

Bien différemment se pt*ésentaient maintenant les choses. Le vaincu en personne avait à disputer son sort, et c'était sans que d aucune part pût lui venir une aide. Il était vaincu à merci dans une guerre qu'il n'avait pas méditée, qu'il avait poursuivie par honneur, et il fallait qu'il traitât à lui seul, par la voix de citoyens purs et simples. L'un de ces citoyens était plus en vue que les autres, partout reconnu pour tel, mais il ne représentait que la défaite, la défaite presque jusqu'au désastre. D'autre part, ni le vainqueur n'était semblable à celui d'auparavant, ni pareils les sentiments qui l'animaient. Le vainqueur, en 1814, en 1815, c'étaient les nations de l'Europe réunies; aujourd'hui c'était une seule de ces nations, et celle-ci assurée de l'inertie des autres. Bien plus, c'était celle-là même que les autres avaient, les premières fois, empêchée d'exercer toutes ses représailles; les représailles, elle en était à présent pleinement maîtresse. Précédemment la possibilité avait du moins existé de détacher par jalousie, par intérêt, par esprit politique quelqu'une de ces nations associées; nulle similitude pareille en ce moment. Nous étions sous Tépée du vainqueur à la vue des puissances nos amies la veille, devenues à présent indifférentes ou froides, ou bien rendues telles par l'adresse de ce vainqueur et par ses succès.

Un ennemi qu'aucune intervention ne pouvait retenir d'être intraitable et à qui nulle considération

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