‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 29 sur 128 · Saint-Vallier à M. Thiers, 30 janvier · texte numérisé non relu

Saint-Vallier à M. Thiers, 30 janvier

2. C'était à propos d'une lettre du prince, reçue à Berlin par M. de ManteuITel avec qui il était lié. Le général la faisait lire au Roi pour constater combien, de loin, les choses existant en France étaient mal jugées. Dans cette lettre, le chancelier russe n'augurait de la politique française que Commune et Socialisme.

marck, et le pli du général n'y avait pas manqué. A la même heure s'était produite de notre part une circonstance heureuse. Les ressources de finance affluaient. M. Pouyer-Quartier ayant dit en conversation au comte d'Arnim qu'il verserait les 650 millions dès qu'on le voudrait, sous le bénéfice de 5 pour 100 d'escompte pour l'anticipation du terme, le payement avait été ainsi fait et accepté. Alors le chancelier avait voulu se convaincre tout à fait à notre sujet; il avait interrogé en détail le commandant de l'occupation. Pour premier motif de son investigation il indiquait l'amnistie accordée presque à la moitié de nos prisonniers : les sentiments qu'ils rapportaient en France n'en soulèveraient-ils pas de dangereux pour les soldats allemands? Son autre raison, plus vague, venait de l'éventualité prochaine « d'importantes négociations financières ». Il demandait donc l'avis du général de Manteuffel sur l'état des esprits dans les départements occupés, sur l'attitude des habitants à l'égard. de l'armée, sur celle de nos fonctionnaires envers les officiers, sur la situation politique, les moyens d'action du gouvernement, les sentiments qu'il inspirait, les menées des partis contraires, la force ou les ressources qu'ils possédaient *. Minutie d'interrogations dont on serait surpris chez leur auteur, à coup sûr bien apte à s'édifier lui-même, si elle ne correspondait pas, probablement, à autant d'informations de l'ambassade contraires à celles des entretiens du général à Berlin et aux informations par lesquelles il venait de les compléter.

Or ce n'est pas « probablement », c'est « à coup

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