M. de Montesquieu était préfet de Nancy
tuer; le Président trancha le débat comme le quartier général le voulait. Il télégraphie à cet égard le 22 mars : «c Quoique fort peu fondée, la demande des officiers <L allemands pour le chauffage et l'éclairage sera « admise, mais à la copdition expresse du maintien du a règlement précédemment convenu. J'ai fait décider <i cela dans un but de concorde, mais point du tout « par un sentiment de justice, car la justice était de (( notre côté ». Le général paraissait bien penser de même; seulement il y avait des cas, comme celui-là, qui lui auraient enlevé toute autorité sur son armée si elle l'y avait supposé contraire.
M. Thiers ne croyait pas acheter trop cher des égards dont nous avions tant besoin, et son commissaire à JMancy devait hésiter à ne point lui en proposer le prix. Plus d'une histoire locale de l'occupation sera quelque jour écrite, les légendes de ses heures pénibles, çà et là •de ses moments de souffrance ou d'anxiété. Ce sera sans véracité suffisante si Ton n'a pas recherché d'abord, dans la correspondance officielle ou dans les lettres échangées entre le comte de Saint-Vallier et le président de la République ou M. de Rémusat (l'un l'autre s'informant réciproquement tous les jours), si autrement auraient été procurés la libération de nos prisonniers ou l'adoucissement pour ceux dont la liberté restait en suspens, l'apaisement des conflits, la levée de répressions emportées, l'obligation pour les troupes d'accepter des casernements déplaisants tandis que le logement chez les particuliers avait toutes leurs préférences, la réduction, en fin de compte, de cette occupation détestable à la stricte présence des régiments ennemis. Le 22 mars échéait la fête de l'Empereur Ouillaume. Déjà, au mois de juillet précédent, le
ABAxNDON DES DISPOSITIONS FAVORABLES i21
général de Manteuffel avait, de son propre mouvement, interdit la célébration de celle du Roi de Bavière. Il n'était pas admissible d'empêcher celle de l'Empereur d'Allemagne; mais dès le 43, il annonça au comte de Saint- Vallier que l'apparat extérieur en serait supprimé afin de porter le moins d'atteinte possible aux sentiments des populations. M. de Saint-Vallier comptait se rendre ce jour-là avec tout son personnel chez le commandant en chef, qui, le premier jour de l'année, avait pris l'initiative de venir à la légation française en grande tenue, suivi de son état-major. Le comte, couvert en cela par les usages diplomatiques, se bornait à indiquer au Président qu'une démarche faite comme auprès du quartier général, fût-ce par carte, de la part des autorités politiques dans les chefslieux administratifs où se trouvait un commandant allemand, consoliderait à la fois et les dispositions conciliantes qui semblaient s'ouvrir à Berlin et, à Nancy, les bons rapports par lesquels elles étaient inspirées *. Ce fut sans hésitation aucune que M. Thiers répondit le pli que voici % et que le lendemain le ministre de l'Intérieur expédiait les ordres conformes :
« Mon cher monsieur de St Vallier,
« Je me hâte de vous répondre relativement aux visites de courtoisie aux chefs de l'armée allemande le jour du 22. Nous sommes en paix avec la Prusse, et dès lors nous leur devons les politesses d'usage entre gouvernements amis, ou se disant tels une fois la paix faite. 11 ne faut rien exiger de nos militaires, parce que