Saint-Valliep au Président (particulière), 17 avril
2. St-Vallier à M. Thiers, télégramme du 20 avril, 7 heures du soir.
« M. de Gontaut n'a pas à consulter M. d'Arnim. « M. de Manteuifel agit de son côté, mais son action, a pour être efficace, ne doit pas être isolée. Sx Val- « LIER * ». Détaillant en effet tout cela, le jour d'après, dans une dépêche où il transcrivait le passage qu'on a lu plus haut de la lettre du chancelier, il expliquait qu'ayant rapporté au général, confondu de l'apprendre, ce qui s'était passé, les instructions envoyées le 11 mars à M. de Gontaut et comment l'ambassadeur s'était laissé détourner, ils étaient convenus que lui, Saint Vallier, rédigerait la nuit même un exposé, un pro memoria détruisant par des indications authentiques les idées qu'on se forgeait à Berlin relativement à nos prétendus projets militaires.
Il faut ici donner au long la parole au plénipotentiaire, car les faits méritent d'être retenus. Il a, bien évidemment, rempli auprès du commandant de l'occupation une mission convenue à la Présidence : ce En « arrivant hier soir à Nancy, écrit-il, j'ai eu une « longue entrevue avec M. de Manteuffel, que j'ai a trouvé animé, comme toujours, des meilleures disa positions. Sachant combien il est sensible aux témoi- « gnages d'estime et de confiance qui lui viennent de « vous, j'ai commencé par lui dire que vous vouliez « connaître son sentiment avant d'agir à Berlin et « suivre ses avis dans cette circonstance, comme vous « les avez suivis en donnant à M. de Gontaut l'instruca tion qu'il a malheureusement tardé à exécuter. Je a lui ai dit qu'outre ses conseils, nous désirions son « concours et que je venais examiner avec lui dans a quelle mesure il pourrait nous le donner sans nuire