‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 42 sur 128 · avril, 5 heures du soir · texte numérisé non relu

avril, 5 heures du soir

« à sa position personnelle pu à Taffaire elle-même en « éveillant les soupçons jaloux du prince de Bis- « marck ». Le général a écouté les explications du comte; il est persuadé de leur vérité, et quand il entend le récit de ce qui s'est fait il veut aussitôt y obvier : ce .... M. de Manteuffel m'exprima un vif regret « que M. de Gontaut se fût ouvert à M. d'Arnim et « lui eût demandé son sentiment sur une démarche (k qui était, en tout état de cause, un acte de courtoisie « et de prévenance envers le chancelier, une affirma- « tion de nos bonnes dispositions, une conséquence de « la communication antérieure de vos lettres : Gom- « ment, m'a-t-il dit, M. de Gontaut n'a-t-il pas compris « que M. d'Arnim était la dernière personne à con- « sulter, puisque la démarche avait pour but de a demander au chancelier de choisir le négociateur « qui lui agréerait le mieux et devait être désagréable à « M. d'Arnim, qui voudrait être chargé de cette négo- « dation pour grossir sa situation, nullement telle à a Berlin qu'il pourrait le souhaiter? Il est essentiel, « a-t-il aj-outé, que M. de Gontaut fasse sans retard « cette démarche, qu'il voye le prince de Bismarck, « qu'il lui parle à lui-même; il n'a pas à s'en ouvrir « avec MM. de Thiele, d'Arnim ou tout autre, mais avec a le chancelier seul; des confidences faites à d'autres a ne peuvent, avec le caractère de M. de Bismarck, « que nuire au succès de l'affaire; pressez M. le Prési- « dent, puisqu'il a confiance en moi, d'inviter M. de « Gontaut à exécuter immédiatement et strictement (( les ordres qu'il avait reçus. De votre côté, je vous (( prie de mentionner cette circonstance dans votre (( lettre afin que le chancelier sache que le retard qui « le surprend n'est pas du fait de M. le Président.

n M. de Manteuffel a ensuite adressé devant moi au « prince de Bismarck le télégramme suivant :

« M. de St Vallier arrive de Versailles; il a vu le Président, qui demeure fidèle aux intenlions annoncées dans ses lettres de janvier et de mars; il n'accepte pas plus que par le passé le service militaire obligatoire et il désire négocier aussitôt que possible pour le payement des trois deimiers milliards et V évacuation du sol français; ]* ai prié M, de St Vallier de résumer dans une lettre les intéressantes informations qu'il m'a apportées ; je vous enverrai confidentiellement copie de cette lettre si vous le jugez convenable,

a En sortant de chez le général, j'ai eu Thonneur de « vous envoyer mon premier télégramme du 20 avril « à sept heures du soir. Hier, ma lettre prête, je suis a retourné chez M. de Manteuffel; il avait reçu dans a la matinée une réponse télégraphique du prince de a Bismarck à sa dépêche de la veille. Cette réponse « est conçue à peu près en ces termes :

Je vous remercie des renseignements que vous m'envoyez; je désire avoir la lettre de M, de S' Vallier que vous me promettez et j'attends les communications de M, de Gontaut,

« Cette dépêche du chancelier m'a déterminé à vous « adresser aussitôt mon second télégramme daté d'hier <( 21 à cinq heures du soir, dans le but de presser la (k démarche de M. de Gontaut.

« En même temps je me suis mis d'accord avec a M. de Manteuffel sur le texte de ma lettre; nous ce avons éliminé tout ce qui pouvait offusquer le chan- « celier, mis en lumière ce qui pouvait lui plaire et a l'intéresser; le général m'a demandé deux copies dé a ce long exposé, Tune destinée au prince de Bismarck,

no LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

ce l'autre au comte de Moltke dont il lui paraît néces- « saire de se concilier la puissante influence, en même ce temps que cette dernière communication conserve à « ma lettre un caractère plus militaire que politique, « ce qui est essentiel pour ménager toutes les susce ceptibilités. Les deux copies de mon pro memorïa ce accompagnées de lettres particulières du général, « sont parties cette nuit pour Berlin; celle destinée « au G'« de Moltke doit être placée sous les yeux de « l'Empereur Guillaume.

ce Je crois devoir, Monsieur le Président, vous ce envoyer une copie de mon travail, rédigé au moyen ce des notes écrites que vous aviez bien voulu me ce remettre et des informations verbales dont vous les ce aviez accompagnées. Je me suis attaché à faire de ce cet exposé la suite et la Conséquence de vos lettres ce du 29 janvier et du 4 mars précédemment commuce niquées. Les modifications de forme et de fond ce apportées à quelques-uns des éclaircissements que ce j'avais recueillis de votre bouche sont le résultat des ce conseils de M. de Manteuffel, préoccupé de préce senter les faits sous le jour le plus propre à intéce resser le chancelier sans exciter ses ombrages. Il ce ne reste plus maintenant qu'à attendre les efî'ets de ce cette communication * ».

Il n'y a pas à douter, semble-t-il, que M. de Bismarck désirait lire le pro mcmoria du comte de Saint- Vallier. Pas davantage qu'il aurait voulu entendre l'ambassadeur de France, ceci du moins pendant un court moment. M. de Gontaut perdit-il ce moment pour s'être entretenu avec le comte d'Arnim par manière

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