‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 5 sur 128 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

date, ayant commandé à tout le reste, a été comme oublié une fois accompli. Qui plus est, ce ne sont pas ses vicissitudes qui ont le plus tenu la scène, ce n'est pas de lui qu'il fut le plus parlé; dans le lointain de l'histoire on aura besoin de le chercher pour le voir et il ne s'apercevra que vaguement. Les faits de cette nature veulent qu'on les retrace pour eux-mêmes; il faut en écrire les Mémoires, en quelque sorte, comme on le fait pour les grands acteurs des événements ou comme ces acteurs le font en personne.

A travers les divisions intérieures les plus aiguës acquitter l'énorme contribution de guerre qui nous avait frappés; l'acquitter avant les délais impartis afin de faire cesser plus vite la présence de l'ennemi, qui ajoutait une humiliation plus ressentie à mesure que les jours se succédaient; parallèlement, pallier le mieux qu'on le pouvait avec un vainqueur impérieux la multitude des infractions à ses ordres ou à ses exigences et retenir à la fois dans l'abnégation le sentiment national au sein des contrées emprisonnées, telle fut, pour le chef du gouvernement de 1871, cette autre œuvre à embrasser et telle fut l'entreprise. Depuis, l'idée a été émise presque comme un reproche qu'à ne point devancer l'acquittement , comme il le rechercha, la France eût eu plus d'intérêt. Son énorme rançon ne servirait-elle pas à réparer aussitôt les moyens de l'ennemi, en sorte que plus fort qu'il ne l'était auparavant, plus assuré d'amitiés par ses victoires, il se dresserait invulnérable devant nous? A tant se hâter, ne perdait-on pas, d'ailleurs, le bénéfice

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