‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 64 sur 128 · Saint- Vallier à M. de Rémusat, 13 août · texte numérisé non relu

Saint- Vallier à M. de Rémusat, 13 août

lègues. En rentrant d'Ems, il s'était bien efforcé de manifester des intentions conciliantes, quoique sans se détacher entièrement des impressions sous lesquelles se trouvait encore le souverain ou qui avaient cours autour de lui. Beaucoup d'estime pour le Président en personne et de confiance dans ses vues, mais beaucoup de crainte que, fatigué de lutter contre les partis, il ne quittât le pouvoir et que les éléments révolutionnaires ne le prissent. On venait d'entendre parler Gambetta à la Ferté-sous-Jouarre, et son langage avait répandu cette appréhension une nouvelle fois. C'était à tel point que M. de Saint- Vallier, ayant à la vérité personnellement pour la politique de l'orateur un éloignement qui ne s'est jamais démenti, mandait à Versailles que l'armée allemande prendrait immédiatement des gages si l'événement se réalisait, et que ce serait avec l'approbation de la Russie, formellement annoncée par avance dans une lettre du prince Gortschakoff que le général de Manteuffel lui avait peu auparavant donnée à lire ^ Aussi l'intérimaire remettait-il tant qu'il le pouvait au retour du commandant supérieur les solutions attendues. L'armement des douaniers surtout demeurait de sa part en suspens, et pour nous c'était une question qui ne pouvait pas attendre. Il avait en tout cas demandé que la substitution des troupes françaises aux allemandes, au moment du départ de ces dernières, fût réglée dans le détail, et peu après il devint visible que dans sa pensée il ne s'agissait pas seulement de simples combinaisons de mouvements, mais bien de la nature et du chiffre des troupes qui rem-

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